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Vannes ville

Loisirs. Les clients à la fête, pas les forains

24 octobre 2009

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La fête foraine a installé ses manèges du côté de Chorus. Si les clients affichent des sourires réjouis, les forains, eux, font grise mine. Crise, chute de la fréquentation et mauvais temps ne font pas leurs affaires.

Scène étrange hier en début d'après-midi à l'entrée de la fête foraine. Alors que les vacances de la Toussaint commencent le soir même et que la fête est censée entrer dans une phase plus active, Jimmy Taber, un forain qui possède trois manèges sur la foire, démonte ses trampolines: «Je vais les remplacer par une structure gonflable. On envoie les trampolines à Redon, où se tient également une foire ce week-end, parce qu'ils ne marchaient pas ici.» En cause, une multitude de facteurs. Le premier, qui revient dans la bouche de tous les forains, c'est le déménagement effectué de la Rabine à Chorus, voilà trois ans. Ici, à l'écart du centre-ville, il y a plus de manèges et moins de clients, d'où une chute vertigineuse du chiffre d'affaires. Jimmy, Lorientais qui vient à la foire de Vannes depuis 35 ans, parle d'une baisse de 60%.

Un luxe pour certains

Deuxième facteur incriminé: la crise. «Pour certaines familles, la fête foraine est devenue un luxe», analyse Jimmy. Un son de cloche repris par les clients: «Avec la crise, on fait attention à ne pas trop dépenser, explique Aline Celard, une maman venue avec ses deux enfants. Cela reste une bonne sortie en famille, pour que les enfants s'amusent, mais on essaie juste de gagner un petit lot pour le ramener en souvenir.» Alors, les forains cherchent des facteurs d'espoir, pour ne pas sombrer dans le désespoir: «C'est grave, estime Jacques Baisse. Je suis né dans les fêtes foraines, j'y baigne depuis 29ans et je n'ai jamais vu ça. On espère qu'avec les vacances scolaires, ça va repartir, et que le temps va s'améliorer.» Il reste encore dix jours pour se refaire une santé, jusqu'au 1ernovembre.

Promotions en tout genre

Pour attirer les clients, les forains ne sont pas à court d'idées et multiplient les initiatives. Demi-tarif le mercredi, 50.000 cartes permettant aussi de bénéficier de demi-tarif distribuées dans les boîtes aux lettres, promotion «une place offerte pour une place achetée» au dos des tickets de caisse des grandes surfaces...

Dans la boue jusqu'au cou

Malgré ces promotions, dur dur d'être forain par les temps qui courent. Surtout que, sous couvert d'anonymat, certains se plaignent aussi du tarif de l'emplacement qui aurait augmenté d'un quart depuis quelques années, et de mauvaises conditions d'accueil: «Une partie des forains a dû placer leur caravane sur un parking boueux, derrière la fête foraine, parce que le parking prévu était trop petit.» Décidément, les forains ne sont pas à la fête. Pratique Horaires élargis, de 14h à 1h du matin, pendant les vacances de la Toussaint.

  • Laurent Guenneugues
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