Locmaria Grand-Champ. Le boom rural
De jeunes couples ont fait le choix d'y habiter. Ils travaillent àVannes ou dans les villes environnantes. Locmaria Grand-Champ est une commune àforte courbe de naissances. Il faut maintenant donner de la vie au bourg.
De Vannes, on y est rapidement. Quinze à vingt minutes du centre-ville en journée, plus cependant aux heures de pointe. La mise en service de la quatre-voies dans le quartier du Poteau, à Saint-Avé, a rapproché les distances. Le futur échangeur de Colec, actuellement en travaux, près du restaurant Le Maneguen, continuera à faire gagner de précieuses minutes. Et quand la quatre-voies sera faite jusqu'à Colpo, Locmaria, comme sa voisine Locqueltas, ne sera plus seulement dans l'orbite de Vannes mais aussi dans celle de Locminé. «Être sur l'axe Vannes-Saint-Brieuc, c'est un atout», résume Martine Lohézic, maire depuis 2008, après avoir été adjointe et conseillère municipale. C'est la raison de ce mini-boom démographique: 733 habitants en 1999, 1.252 aux derniers chiffres de l'Insee. Et encore, on est loin du compte. Ce recensement ayant été officialisé sur une référence statistique de 2009, la population de la commune a eu, depuis, le temps de progresser. «On est en réalité à 1.500 habitants», indique Martine Lohézic.
100EUR le m² en moyenne
Ce sont des jeunes couples de 30-35 ans qui sont venus s'installer ces dernières années. Le facteur géographique n'a pas seulement joué. Il y a aussi le prix du terrain. 84EUR/m² viabilisé pour le dernier lotissement communal, une moyenne de 100EUR/m² actuellement, selon la mairie. Même si ça commence à monter, la seconde couronne reste moins chère. «Beaucoup travaillent àVannes, précise le maire. Mais pas seulement. Dans une même famille on peut être aussi à Locminé ou Pontivy». L'an passé, Locmaria a délivré 21permis pour des maisons individuelles, 34 en 2010 et 21 en 2009. La population grandit sous le double effet des nouveaux arrivants et de son développement naturel. Ainsi, l'an passé, la commune a enregistré 30 naissances pour six décès. Les analyses de l'Insee montrent une structure de population jeune où les tranches d'âge de 0 à 40 ans sont largement dominantes.
Cinqhectares àconstruire
L'école publique a été agrandie en 2009. 130 élèves y sont inscrits et il reste une marge d'accueil. 75 autres enfants fréquentent l'école privée de Locqueltas. Locmaria partage d'ailleurs plusieurs services avec sa voisine, comme le centre de loisirs et la nouvelle station d'épuration, prévue pour un bassin de vie de 6.000 habitants. Àla mairie, les appels de candidat à l'accession sont fréquents. Mais en lotissement public et privé, la commune écoule ses derniers terrains. En plein bourg, cinq hectares seront bientôt disponibles pour la construction, qui se fera dans un souci de densification de l'habitat. «Mais nous souhaitons maîtriser notre développement, dit Martine Lohézic. Nous sommes encore une commune rurale et il n'est pas question d'être une commune dortoir».
Un bourg qui veut s'animer avec son village-services
Depuis que la place centrale aété refaite, le bourg a repris des couleurs. Les travaux ont permis en plus de mettre en valeur la jolie petite église dont on anettoyé les pierres. Locmaria veut changer. «Avec ce réaménagement, on a fait des chemins piétonniers et on voit aujourd'hui des gens se promener», fait remarquer Martine Lohézic. Il reste, tout de même, beaucoup à faire pour donner une vraie vie àLocmaria. La population ne manque pas pour cela, c'est l'activité commerciale de proximité qui fait défaut. Devant la mairie, Madame le maire montre ce que sera le Locmaria Grand-Champ de demain. Un panneau explicatif est installé pour que la population puisse venir consulter le projet municipal: un village-services, au coeur du bourg, à la place d'un grand espace vierge. La mairie a acheté deux maisons et procédé à un échange de terrains. Le permis sera déposé en début d'année.
Des seniors en colocation
Le projet s'ordonne autour d'une halle pour un restaurant-crêperie, un petit ensemble immobilier pour commerces et services (boulangerie, coiffure, paramédical), une maison familiale destinée àdes seniors en colocation et quatre maisons de ville en location-accession. «Pour les commerces et les services, ce n'est pas un souci, nous avons des personnes intéressées», indique le maire. Cet aménagement sera piétonnier, seul le bus y aura accès.
Améliorer les transports en commun
Sur ce point précisément, Martine Lohézic table sur une amélioration de la desserte de Locmaria en transports collectifs pour renforcer le fil entre sa commune et la ville de Vannes. Cela permettrait de mieux fixer la population, car le prix de l?essence va finir par faire renoncer à habiter dans les petites communes rurales moins chères. La ligne du conseil général s'arrête pour l'instant à l'échangeur deCollec sur l?axe de Pontivy. «L'objectif est que les bus arrivent jusqu'au bourg», dit Martine Lohézic qui se réjouit de lacréation d?une aire de covoiturage. Après, il sera temps de faire une salle de sports...
Au Tavarn er Fetan, le bistrot de Carlos
«En mars, ce sera la quinzième année que je suis ici». Juan-Carlos Benedicto-Millan tient le Tavarn er Fetan (la Taverne de la Fontaine) depuis longtemps. C'est à lui que l'on doit ce nom. Pourtant, il est d'Amiens et ses deux parents étaient espagnols. Mais le bail qui le noue avec Locmaria Grand-Champ est en réalité plus ancien. Il y habite depuis 22 ans. Carlos, comme l'appellent ses clients, était à l'époque au 3eRIMa. Après avoir bourlingué un peu partout en Afrique, il arepris l'unique café du bourg de Locmaria qui était àvendre. «Ça n'a pas été trop difficile, dit-il. Dans ma vie de militaire, j'étais dans la restauration».
«Ici, tout le monde se dit bonjour»
En ce samedi matin, Carlos, pour profiter du soleil, garde la porte ouverte. Les clients qui entrent serrent la main. «Ici, tout le monde se dit bonjour, il faut préserver ça», dit Carlos. L'achat d'une ou deux baguettes est en même temps l'occasion de prendre un «petit café». Au Tavarn, on peut prendre aussi son pain (la marchandise vient de la boulangerie de Locqueltas), du tabac, du gaz, le journal et des timbres. Les murs appartiennent à la commune et le fonds à Carlos. Un coup de feu retentit non loin, suivi d'un coup de corne. «Ils ont dû tuer un chevreuil», dit le patron, qui a reçu tôt dans la matinée la visite des chasseurs. «Ici, les clients, dit-il, viennent des communes des alentours». Ils peuvent en même temps voir les classements de Ligue 1 et 2 affichés au mur. Le patron aime le foot. Il ouvre le matin à 8h et ferme avec le dernier client. Le mercredi, c'est repos. «Dans un petit bourg, il n'y a pas le choix: il faut que ce soit convivial», dit Carlos.
Dans la même rubrique