23 septembre 2009
Claude Rinval, ancien professeur de philo et inspecteur d'académie, vient de publier «Les sorcières de Ploeren». Il vient, ce soir, le dédicacer au Café de la Mairie.
D'où vous est venue l'idée de ce livre? J'ai décidé d'écrire sur des choses mystérieuses depuis mon premier livre, «Meurtre à l'Ile-aux-Moines». Je parle de faits imaginaires dans un cadre réel. À l'époque où se déroule l'action de ce livre, en 1948, il y avait encore des traditions de sorcellerie vivantes dans les campagnes.
C'est une sorte de «Da Vinci Code» local... Oui, c'est un peu ça. Il y a un roman policier avec mes deux héros récurrents, le lieutenant Gabellic et sa compagne Vivi. Et j'en profite pour parler de traditions, de sorcellerie, de superstitions. Dans le livre, le recteur de Ploeren lui-même cautionne la sorcellerie, en y voyant une recherche de compréhension de ce qui arrive et des négociations avec un être supérieur.
Croyez-vous vous-même en la sorcellerie? Non, mais je crois que d'autres y croient! Personnellement, je suis très libre-penseur. Je suis un peu comme le recteur dans le livre: je ne crois pas à la sorcellerie, mais en la sorcellerie. C'est-à-dire qu'à partir du moment où ça existe au moins dans la tête des gens, ça a des conséquences sur la vie quotidienne, l'avenir des gens, la façon dont ils construisent leur vie. Par exemple, quand le lait ne prenait pas en beurre à l'époque, les paysans croyaient que quelqu'un leur avait jeté un sort.
Comment avez-vous mené votre enquête sur l'exorcisme dans l'Église? Je le savais parce que j'ai eu affaire, dans ma carrière d'inspecteur d'académie, à des gens qui appartenaient à une secte et qui croyaient que l'instituteur de leur enfant était possédé. Ils m'avaient demandé de prendre contact avec l'évêque pour l'exorciser, ce que j'avais fait, mais il m'avait répondu que ce n'était sûrement pas un cas d'envoûtement et qu'il conseillait à ces gens-là de se faire soigner!
Votre livre donne aussi l'occasion de réviser son breton avec quelques phrases disséminées au fil des pages... Oui, car on parlait breton à l'époque dans la région de Vannes. Je ne suis pas bretonnant, mais je crois dans les vertus des langues qui traduisent beaucoup de vérités intimes et sociales.
Aimeriez-vous qu'il y ait une adaptation au cinéma?
Oui! C'est découpé comme un scénario. Il y a failli en avoir une sur un autre de mes livres, mais le réalisateur volontaire est malheureusement décédé.
Pratique «Les Sorcières de Ploeren» par Claude Rinval, éditions Amalthée, 18,50EUR. Dédicace mercredi 23septembre, de 18h à21h, au Café de la Mairie de Vannes.
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