23 septembre 2009
Postiers, élus et usagers étaient 300, hier matin, sous les fenêtres du siège de la direction territoriale de LaPoste, place de la République. Les manifestants étaient réunis pour dire «non à la privatisation».
Le projet de loi concernant le changement de statut de La Poste doit être discuté au Parlement le mois prochain. Hier, à l'appel de l'intersyndicale CGT, CFDT, FO et Sud, les postiers étaient près de 300 à manifester dans les rues de Vannes, où avait lieu le rassemblement départemental. Les syndicats estimaient, hier soir, que «quasiment un agent sur deux était en grève. Des bureaux sont restés fermés». Selon la direction du groupe LaPoste, «la grève a été suivie par 30% du personnel dans le Morbihan». Le représentant de la direction précise qu'«il y a un an, la précédente mobilisation du 23septembre 2008 avait été suivie par 35,5% des agents de la région, 27,5% hier». Quelques usagers et clients étaient également dans le cortège, ainsi que des élus de Guémené-sur-Scorff, Hennebont, Lanester, Guer, Séné, venus «défendre le service public postal. Car, avec la suppression de plus en plus de services publics, c'est toute la ruralité qui est menacée». Les élus présents ont invité les citoyens à participer à la «votation», du 28septembre au 3octobre, pétition nationale contre la privatisation de La Poste.
«La Poste doit rester un service public»
«La Poste ne doit pas être une entreprise comme les autres. Sa vocation première, sa raison d'être c'est le service public. LaPoste est un ?service public national? qui est ?la propriété de la collectivité?, selon le préambule de la Constitution», ont souligné les syndicats. «Contrairement à ce qui est dit, la privatisation ne répond à aucune logique. On sait très bien que derrière, ce sont nos emplois qui sont menacés par toute la réorganisation qui est déjà en train de se mettre en place partout».
Un «véritable débat» exigé
«La privatisation va entraîner la fermeture ou la transformation de bureaux. Il faut savoir qu'il y a dix ans, il y avait 250 bureaux de Poste réunissant tous les métiers avec un vrai patron. Aujourd'hui, les bureaux de ce type ne sont plus que 45. Ils sont transformés en annexe avec du personnel de La Poste mais sans encadrement surplace. Ils peuvent aussi être transformés en agences postales communales dans lesquelles il n'y a plus d'agents de La Poste: c'est un agent de la commune, dans des locaux de la commune, qui vend certains produits postaux. Parfois il n'y a même plus d'agence, mais uniquement un relais chez un commerçant qui ne va vendre que des timbres», explique Patrick Lerho, représentant de FO. Les manifestants ont remis une motion à Yves Amiard, directeur du courrier Ouest Bretagne, ainsi qu'en préfecture. Ils ont répété qu'ils «s'opposent à la privatisation de La Poste commandée par le gouvernement actuel. Nous exigeons toujours a minima un véritable débat sur l'avenir du service public postal».
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