3 août 2009
Ils sont bien vivants! Certaines mauvaises langues auraient pu dire que les membres les plus connus de la mythique troupe de LaHavane (Compay Segundo, Ibrahim Ferrer) ne peuvent plus être écoutés que sur disque ou quelque part dans le ciel au milieu des étoiles. Les survivants ont montré samedi soir à Vannes que leur esprit n'est toujours pas éteint. Leur concert, d'une durée de 2h30, a été d'une intensité exceptionnelle, surtout sur la fin, poussant le public à se lever. Le public a retenu son souffle quand Jesus Aguaje Ramos, le directeur musical du groupe, a joué un «Senior Trombon» de toute beauté avec son trombone flambant neuf. Puis, quelques spectateurs, surtout des jeunes, sont venus devant la scène frétiller de plaisir sur «Chan Chan». Costume blanc impeccable et sourire vissé aux lèvres, le chanteur pousse le public à donner de la voix sur «Candela». Les spectateurs deviennent acteurs pour une fin en apothéose, une ovation de grand standing suivie d'un rappel à l'image de cette édition du trentième anniversaire: chaleureux et festif. «On a eu droit à une ambiance tropicale et explosive pour clore le festival, souligne Benjamin Cléro, un Nolfféen de 20 ans, vacataire pendant le festival et à la sécurité pendant le concert, ce qui ne l'a pas empêché d'en profiter. C'était un régal!» Nancy de Froberville, une Parisienne de 25 ans qui travaille pour la saison dans une boulangerie de Quiberon, en est encore chavirée à l'issue du set, elle qui a montré sa connaissance des danses cubaines avec un ami: «C'est un groupe que j'écoute depuis toute petite. Leur musique est vraiment entraînante. Il s'est passé quelque chose avec le chanteur à la fin, comme s'il chantait spécialement pour nous!» Premier à aller danser, Basile Dolibeau, un autre jeune de 22 ans venu de Besançon, retiendra surtout la jolie chanteuse du groupe, à qui il a offert un bouquet de fleurs cueillies sur le vif dans les pots installés sur le devant de la scène: «Comme je ne peux avoir ni sa main ni son coeur, je lui ai donné des fleurs, rigolait-il à la fin du concert. Et j'ai obtenu un bisou! C'était chaud, à l'image du concert».
Latin-lovers
La soirée avait aussi bien débuté avec trois autres Cubains hyperdoués: Harold Lopez-Nussa au piano, l'excellent remplaçant de Ruy Adrian Lopez-Nussa à la batterie et Felipe Cabrera à la contrebasse. Une technique magistrale, comme l'ont prouvé quelques solos hallucinants, du jazz entraînant qui flirtait parfois avec de la musique classique et une aura de sympathie entourant ces latin-lovers. Ainsi, après avoir présenté un morceau en espagnol, Harold Lopez-Nussa a senti un petit flottement dans le public. Avec le sourire, il est alors revenu au micro pour le représenter, en français cette fois-ci et avec un délicieux accent. De toute façon, samedi soir à Limur, tout le monde parlait la même langue: celle du jazz.

27 mai 2012
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