15 février 2009
L'ibis sacré a ses fervents protecteurs réunis dans «un collectif ». Demandant, hier, l'arrêt des «abattages », ils ont placé le débat sur le terrain de la xénophobie...
L'ibis sacré a ses fervents protecteurs, regroupés dans «un collectif». Renouvelant, hier, leur demande «pour l'arrêt de toute opération d'abattage», ils placent le débat sur le thème de la xénophobie... L'ibis sacré est considéré comme une espèce invasive et constituant une menace pour d'autres espèces d'oiseaux. Des arrêtés préfectoraux ont été pris dans le Morbihan et en Loire-Atlantique pour procéder à des tirs de régulation des populations. Ces opérations ont été menées par l'Office national de la chasse, surtout en Loire-Atlantique. Le collectif pour la protection de l'ibis de Bretagne, lancé à Vannes par Bertrand Déléon et Varban Kristov, réclame «l'arrêt immédiat et définitif de toute opération d'abattage» et demande que «les individus à l'origine de ces opérations ainsi que les associations complices soient condamnés» pour «absence d'arguments scientifiques», «absence de concertation», «propagande mensongère» et «dommages avérés sur les autres espèces».
«Aucune raison d'éradiquer»
Citant des scientifiques français et étrangers, Bertrand Déléon et Varban Kristov soulignent «qu'il n'y a aucune raison d'éradiquer, ni de freiner cette espèce». Le rapport établi au niveau ministériel ne permettait pas, à leurs yeux, «de prendre une telle décision». «Il n'y a eu aucun comptage sérieux. Le chiffre de 5.000 est arbitraire. On est au contraire en face d'une espèce non invasive et fragile. Et sa destruction a été «néfaste à la nidification d'autres espèces qui ont été dérangées».
«Des oiseaux libres»
Le collectif avait lancé une pétition sur Internet. «1.300 signatures ont été recueillies; énorme pour un sujet comme celui-ci», assure Bertrand Déléon. «Ce sont des oiseaux libres. On ne peut pas appliquer les frontières nationales à une espèce sauvage», ajoute Varban Kristov. En annonçant, hier son intention de poursuivre dans la défense de l'ibis, le collectif avait aussi un autre langage. «La prolifération des discours sur l'invasion s'apparente selon les spécialistes, avance Bertrand Déléon, à une xénophobie classique calquée sur le règne animal où se mêlent méfiance de l'étanger, défense de son pré carré (réserves naturalistes), méconnaissance de l'histoire et conservatisme réactionnaire».
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