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Ferme du Vincin. La saison des agneaux

12 février 2012

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À la ferme du Vincin, depuis le début du mois, les journées de Christelle Guérin sont rythmées par la naissance des agneaux. Des bébés auxquels il faut apporter les premiers soins.

Avant même d'ouvrir les portes de la bergerie, Christelle Guérin sait s'il y a eu de nouvelles naissances au cours de la nuit. «Tout de suite, j'entends les petites voix que je ne connais pas. C'est émouvant», raconte l'agricultrice. Pour un troupeau de 80 brebis, après cinq mois de gestation, ce sont près de 120 agneaux qui verront le jour sur les terres du Vincin. «Je leur ai dit à mes brebis quand elles sont arrivées, qu'ici, elles allaient avoir une belle vue!»

Quatre à cinq visites par jour

Les brebis passent la nuit à l'abri dans la bergerie où elles sont nourries au foin. Elles rejoignent leurs pâturages avec vue sur mer en fin de matinée, pour se dégourdir les pattes, même quand il fait froid. «Je passe quatre à cinq fois par jour voir le troupeau pour surveiller l'arrivée des agneaux. Ce matin, quand je suis entrée dans la bergerie, une brebis avait du mal à mettre bas. Il afallu que je l'aide. Elles me connaissent et, dans ces cas-là, elles me laissent faire. Le petit avait la tête qui sortait, mais les pattes avant étaient coincées, or elles doivent sortir en premier avec la tête. Il a donc fallu que, délicatement, je tire sur le bébé pour aider la mère. J'ai même pensé qu'il allait peut-être falloir que je fasse une césarienne, ce que je n'ai encore jamais eu à pratiquer», explique l'agricultrice, ajoutant que l'accompagnement de la mise bas s'apprend sur le terrain. «Lors de ma première période d'agnelages, j'ai dû, dès le début, aider une brebis. Quand je l'ai examinée, j'ai senti plein de pattes! Il a fallu qu'à tâtons, je repère la bonne tête pour les bonnes pattes, avant de faire sortir deux agneaux et même trois finalement! Celle-là, j'ai tout de suite dit qu'elle n'irait jamais àl'abattoir». «Dans la journée, si des agneaux naissent dans le pâturage, je les rentre à la bergerie. Il fait trop froid pour les laisser dehors». Le taux de mortalité est de 15% chez les agneaux. La période d'agnelages démarre fin janvier et se poursuit jusqu'à fin mai. Quand tout se passe normalement, la brebis met bas toute seule en un quart d'heure.

Colostrum et soins de cordon

«Il faut alors mettre des boucles d'oreille à l'agneau pour l'identifier, lui désinfecter le cordon et bien lui faire boire le colostrum pour lancer la lactation de la mère. On leur met aussi un élastique spécial sur la queue qui tombe dans les quinze jours suivants», détaille Christelle. Au bout de cinq à huit mois, les agneaux sont conduits à l'abattoir. «Je garde certaines petites femelles pour renouveler le troupeau. Celles à tête noire car je suis en train de changer de race de brebis: celles-ci sont plus rustiques». En septembre, les béliers, qui ont leur propre quartier d'hiver, rejoindront à nouveau le troupeau de brebis, pour batifoler dans les prés.

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