9 février 2010
À partir d'aujourd'hui, certains fonctionnaires de l'école nationale de police (ENP) de Vannes seront reçus, individuellement, par la cellule de reclassement diligentée par l'administration. Pas si simple qu'il n'y paraissait au départ.
Dire que la situation s'avère tendue, en ce moment, au sein de l'école nationale de police (ENP) serait un euphémisme. Certains fonctionnaires le confirment. Pour autre preuve, le refus poli formulé par Josianne Marcus, chargée de communication de l'établissement de formation du ministère de l'Intérieur, lorsque Philippe Bourgade, son directeur, a été sollicité pour évoquer la cellule de reclassement débarquant, ce mardi, à Vannes. Trois jours pour statuer, par le biais d'entretiens individuels, sur l'avenir des formateurs, moniteurs et membres du service général de l'ENP. Soit environ 35 fonctionnaires dits «en tenue». Puis, lors de la dernière semaine de février ou la première du mois de mars, au tour des personnels administratifs et techniques (25fonctionnaires) d'être reçus, en même temps que les 20employés de la restauration.
«Tout le monde devrait rester en Bretagne»
Au final, 80 fonctionnaires, sachant que les cas de neuf d'entre eux devraient se régler sans trop de difficulté: ils partent à la retraite cette année ou en 2011. «Tout le monde devrait rester en Bretagne», avance même Patrick Collo, secrétaire départemental d'Unité police. Son but, et celui des autres organisations syndicales (Alliance, Alliance-Snapatsi, Snipat-FO et Snop), c'est bien de «conserverun maximum de personnes sur la région vannetaise pour leur éviter une, voire deux heures de route quotidienne, sans compter les frais». Car après le commissariat de la cité des Vénètes, puis celui de Lorient, d'autres services à Nantes, Rennes, voire Saint-Brieuc, sont les destinations les plus probables. Se pose alors le problème de ceux, forcément nombreux, qui ont fait construire ici, et dont le conjoint ou la conjointe travaille sur Vannes ou son agglo.
«Ne vous inquiétez pas»
Sur leurs feuilles de voeux, qu'un représentant de la Direction de formation de la police nationale (DFPN) est venu récupérer en janvier pour les étudier à tête reposée, chaque fonctionnaire pouvait remplir trois cases pour autant d'affectations potentielles. Patrick Collo leur a conseillé «de ne pas ouvrir trop de portes, car l'administration choisira la plus facile à mettre en oeuvre pour elle». L'élu syndical rapporte cette phrase prononcée par Philippe Bourgade: «Ne vous inquiétez pas. Tous ceux qui demandent des postes en dehors du Morbihan seront satisfaits». Dans leur «malheur», les personnels de l'ENP évitent de se retrouver menacés par le décret sur la mobilité des fonctionnaires, dont le projet sera présenté, jeudi, au Conseil supérieur de la fonction publique: au bout de trois refus d'affectation, tout employé de l'État pourrait être mis en disponibilité. Autrement dit, ne plus être rémunéré.
Que faire des deux hectares et quelques de l'ENP, qui seront inutilisés à compter du prochain automne? Vendredi soir, sollicité par un riverain à l'occasion de la réunion publique du quartier de Conleau, le maire, François Goulard, a répondu qu'il ne s'agissait pas d'une «question d'actualité».
«Nous voulons conserver un maximum de personnes sur la région vannetaise»

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