22 septembre 2009
Trente-cinq heures de cours hebdomadaires, auxquels s'ajoutent plus de vingt heuresde travaux personnels.Les étudiants en prépa sont de vraies bêtes de concours mais ils travaillent aussi l'entraide et la convivialité.
Des notes qui chutent d'une douzaine de points et l'obligation de se mettre tout de suite au travail; voilà qui met immédiatement dans l'ambiance les étudiants des classes préparatoires aux concours des grandes écoles. Dès la rentrée, ils sont évalués au gré de devoirs imprévus qui permettent aux enseignants de fixer les paliers de progression. «Après avoir été toute leur scolarité les premiers de la classe, bien souvent sans avoir à travailler beaucoup, ils se retrouvent, tout à coup, obligés de se plonger dans les cours et ils ne sont plus les meilleurs. Ils doivent se débarrasser d'une carapace sociale», indique Dominique Pian, responsable des classes prépas B/L lettres sciences sociales au lycée Saint-François-Xavier. «En revanche, il n'y a pas, en classe, la concurrence qu'ils imaginaient. Bien au contraire, nous faisons tout pour qu'il y ait une cohésion de groupe et qu'ils s'entraident», ajoute le professeur de philosophie.
«Ouvrir les littéraires au monde»
Les prépas B/L ont été créées en 1980. «Des prépas littéraires avec des maths et des sciences sociales pour que les littéraires s'ouvrent au monde: l'objectif était aussi de créer une homogénéité entre des élèves des séries L, S et ES en traitant à égalité toutes les matières», explique Dominique Pian. «En deux ans de prépa, les étudiants acquièrent un rythme de travail. Ils passent des épreuves de concours, mais c'est aussi une épreuve de soi qui leur permet d'apprendre à se connaître», remarque l'enseignant.
«On se soutient mutuellement»
Les étudiants de 2e année de B/L de SFX insistent sur la bonne ambiance de leur classe. «Nous passons beaucoup de temps ensemble en cours, mais on aime aussi se retrouver le soir. Il n'y a pas de concurrence entre nous, nous préparons les mêmes épreuves et l'objectif est que chacun arrive à décrocher le concours qu'il vise». Ici, point de regards de travers, de fausses notions diffusées ou de refus d'explication. «Si une personne arrive avec cet état d'esprit, elle se retrouve vite isolée», indique les étudiants qui se félicitent aussi du soutien de leurs enseignants. «Ils ne sont pas cassants, comme cela peut être le cas dans certaines prépas très prestigieuses». «Il arrive que l'on travaille ensemble mais, en lettres, les travaux que nous avons à faire sont souvent des dissertations qui se travaillent plutôt seul. Mais quand l'un de nous a besoin d'être remotivé, nous sommes toujours à ses côtés», explique Marion. Le groupe de 2e année estime même être «comme une grande famille. On se retrouve aussi pour sortir, même le jeudi soir. Evidemment, on ne rentre pas trop tard».
Comme les littéraires du lycée Saint-François-Xavier, les scientifiques du lycée Lesage travaillent dans la convivialité et l'entraide. Les enseignants répètent aussi qu'«il y a de la place pour tout le monde, c'est plus un classement». Si à SFX, l'objectif n'est pas d'encombrer l'École normale supérieure d'Ulm, à Lesage, ils savent qu'ils ne seront pas tous à Polytechnique. Toutefois, ils visent bien une grande école. «Quand on arrive en prépa, on sait qu'on va avoir du travail mais la réalité est loin de ce qu'on imagine», indique un élève de première année. Les cours débutent à 8h et se terminent à 18h. Après une pause repas, de 19h30 à 23h, les étudiants se remettent au travail. «Même les externes restent au lycée pour travailler en groupe. Les gens qui travaillent vite sont vite repérés et sont souvent sollicités». Le week-end passe vite, lui aussi, entre quatre heures de devoir le samedi matin et le travail personnel à rendre pour le lundi.Les étudiants savent que ce rythme ne dure que deux ans: «On apprend à comprendre et on acquiert des techniques de travail qui nous permettront ensuite d'aller beaucoup plus vite, et d'être plus à l'aise en école d'ingénieur». Dans ces conditions, le quotidien est vite balayé. «Souvent, en deuxième année, on préfère prendre un logement autonome. Mais faire des courses, une lessive ou un peu de ménage, c'est toujours au détriment de notre travail. On le fait en se disant qu'il vaudrait mieux que l'on se mette à notre bureau», explique une étudiante. «Il faut qu'ils soient motivés, et pour cela il est important qu'il ait un objectif», indiquent les enseignants qui sont aussi là pour les aider et les soutenir quand ils sentent que certains perdent pied. «Il ne faut pas qu'ils soient découragés. La taille humaine des classes favorise la convivialité».
L'objectif de l'UBS était d'ouvrir des classes préparatoires accessibles aux bons élèves des séries STG. L'occasion de revaloriser une série dans laquelle les élèves ont souvent du mal à avoir de l'ambition. L'université a travaillé en partenariat avec le lycée Charles-de-Gaulle à Vannes et le lycée Dupuy-de-Lôme à Lorient. À Vannes, dix étudiants ont fait leur rentrée dans la classe, dont quatre avec un bac STG. «Il y a aussi, avec nous, des S et des ES», indiquent les quatre étudiants. «En maths, pour l'instant, ils sont peut-être plus à l'aise que nous, mais en gestion et en statistiques, nous serons forcément plus avancés qu'eux, puisqu'ils n'ont jamais eu ces matières», constate Christian, qui était l'année dernière au lycée Lesage. «Pour nous, c'était une opportunité, d'autant plus que la classe s'ouvrait à Vannes. Vu le travail qui nous attend, c'est rassurant de rester près de chez soi et de ne pas avoir à se préoccuper du quotidien», remarque Anaëlle. Les étudiants suivent les seizeheures de cours de L1 économie et ont, en plus, quatorzeheures de préparation aux concours des grandes écoles de commerce. Le mercredi après-midi, ils se retrouvent au lycée Charles-de-Gaulle pour deux heures d'anglais et deux heures de préparation à l'oral des concours.
«Après avoir été les premiers de laclasse, ils nesont plus lesmeilleurs».
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