25 septembre 2009
Une des quatre sixièmes du collège Notre-Dame-Le Ménimur est, cette année, entièrement bilingue. Un enseignement moitié breton, moitié français et anglais.
La 6e bleue aurait pu cette année s'appeler la 6e glas. Avec quinze heures de cours en langue bretonne, neuf heures de français et six heures d'anglais, le collège propose aux élèves la continuité du programme multilingue commencé en primaire. Une filière agréée par l'Éducation nationale en partenariat avec l'inspecteur de breton. «Depuis 1993, le collège assure la continuité directe entre les classes bilingues, français-breton, du réseau de l'Enseignement catholique de notre secteur. Cette année, c'est la première fois que les élèves sont suffisamment nombreux pour former une classe entière. Jusqu'à présent, ils étaient dans une classe ordinaire, dédoublée lorsque l'enseignement se faisait en breton», explique Louis-Marie Supiot, directeur du collège Notre-Dame-Le Ménimur. Vingt élèves arrivent de l'école Saint-Guen où ils ont suivi toute leur scolarité primaire, cinq viennent de l'école catholique de Saint-Avé et un de l'école de Plescop.
Quatre matières en breton
Ce matin-là, au CDI, les élèves travaillent en groupe une leçon d'histoire-géo. Sur la table, le nouveau manuel d'histoire qui n'a pas encore été traduit et un dictionnaire de breton. Anne-Gaëlle Le Floch, professeur d'histoire-géo, vient de leur donner les consignes en breton. Les élèves analysent un document et répondent à une série de questions écrites, également en breton, puisque l'histoire-géo fait partie des enseignements en langue régionale, comme les mathématiques, l'EPS et la musique. Après la récréation, les élèves se retrouvent dans la classe d'Éric Gudenkauf. Après une maîtrise de breton, l'ancien cameraman a passé le concours pour enseigner. Il assure depuis cette année les cours de langue bretonne des quatre niveaux du collège et au lycée. Dans l'attente d'un programme annoncé «pour bientôt», l'enseignant explique qu'il doit beaucoup créer par lui-même. «Je travaille par thème en élaborant des progressions d'année et des projets pour chaque niveau. Il y a des notions qui peuvent être utilisées à tous les niveaux et qu'il faut revoir régulièrement», ajoute l'enseignant. «Le niveau des élèves est hétérogène comme dans n'importe quelle classe. Ils sont tous capables de comprendre et d'échanger».
«Des élèves à l'aise avec les langues»
Les élèves bilingues de l'Enseignement catholique apprennent l'anglais depuis la moyenne section selon la méthode Artigal. Une méthode construite de façon à placer l'enfant dans les contextes proches de ceux qu'étaient les siens pour apprendre sa première langue. «La méthode est prolongée au collège. En immersion totale en cours, on parle tout de suite en anglais tout le temps. On aborde toutes les matières en anglais», explique Sarah Jane Fertinel, professeur d'anglais. «Ce sont des élèves très motivés, à l'aise avec la langue. Ils n'ont pas peur de jouer avec les mots pour se faire comprendre», ajoute Laurence Drouaud, professeur d'anglais.
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