28 octobre 2009
Christine et Bernard Rolland, horticulteurs à Arradon, ont mis leurs chrysanthèmes sous serres, à l'abri du brouillard. Après six mois d'état végétatif, les fleurs arrivent à point nommé.
Les plants sont trapus, leur base est basse, les fleurs forment des boules bien arrondies. Il a fait beau pour rentrer les pots et il n'y a pas eu de maladies. Cette année, Christine Rolland est satisfaite de sa production, mais, comme toujours, elle dormira mieux après le 1ernovembre. «C'est l'époque à laquelle je suis la plus soucieuse, inquiète de savoir si notre production sera en adéquation avec les clients». Tout l'art de cultiver le chrysanthème consiste à obtenir un beau plant qui fleurit le jour J.Cette année, avec l'été qui a joué les prolongations, la floraison a commencé courant septembre. Heureusement, le temps a changé début octobre, ralentissant la maturation.
L'automne se joue au printemps
Les horticulteurs qui produisent des chrysanthèmes se penchent sur la fleur d'automne dès le mois de mai, car elle a un état végétatif lent. L'empotage se fait aux alentours de Pâques. Chez les Rolland, route de Baden, les boutures passent un mois en nourrice, derrière la maison. «Nous pouvons ainsi les surveiller de près et arroser dès que c'est nécessaire. Il faut que les racines se forment bien. Au bout d'un mois, on replante en plein champ, sous bâche tissée avec un système de goutte à goutte pour arroser». La production s'étend sur 2.000m². Deux fois dans l'été, chaque pied de chrysanthème pompons est taillé pour donner une belle forme au plant. Quant aux grandes fleurs, elles demandent encore plus d'attention, car il faut enlever un à un tous les «gourmands» pour que la floraison puisse s'épanouir. «À la mi-octobre, on déracine les pots pour les rentrer dans les serres afin que les fleurs soient protégées de l'humidité et du vent, notamment les blancs qui pourraient être tachés», explique Christine.
Un choix en respect du défunt
Les horticulteurs doivent composer avec la concurrence que leur font les grands magasins: les jardineries mais aussi tous les supermarchés alimentaires. «Nous misons sur la qualité pour proposer à nos clients des fleurs qui vont tenir plus longtemps à des prix raisonnables de 7,50 EUR à 15 EUR. Nos plants sont tous dans un pot en terre qui garde mieux l'humidité et résiste mieux au vent sur les tombes. Par ailleurs, nos cultures en plein champ donnent des chrysanthèmes plus robustes», constate Christine Rolland. Les horticulteurs offrent aussi un vaste choix de variétés et de couleurs, tandis que les grandes surfaces sélectionnent le plus courant et le plus facile à produire. «Heureusement, il y a encore des personnes qui, par respect pour leurs défunts, veulent un plant qui va tenir longtemps et souhaitent choisir une variété et une couleur qui leur plaisent». Pourtant Christine et Bernard Rolland, producteurs depuis 26 ans, estiment qu'ils ne finiront sans doute pas leur carrière dans le chrysanthème. Du fait de la concurrence mais aussi parce que les traditions autour du deuil changent.
La tradition veut, depuis dix ans, que la ville soit fleurie de chrysanthèmes à la Toussaint: la façade de l'hôtel de ville, les rues Thiers et Jean-Monnet, ainsi que les parterres de la place Anne-de-Bretagne et des quartiers, les abords des églises et les cimetières. «Nous choisissons tous les ans des coloris différents. Cette année, nous avons tenté le monochrome. Un thème automnal qui va du jaune à l'orange abricot», explique Patrick LeToquin, responsable adjoint du service espaces verts de la mairie. Le fleurissement a été réalisé il y a une dizaine de jours. Sept jours d'installation et d'arrosage, notamment sur la façade de l'hôtel de ville où des cascades de fleurs ont été posées aux fenêtres. Le choix des couleurs et des types de fleurs est fait au printemps. Les plants sont mis sous serres au Pérenno où les jardiniers préparent toutes les fleurs qui ornent la ville. Actuellement, ce sont les pensées du printemps qui sont en préparation. En mai dernier, 1.500 boutures de chrysanthèmes pomponettes ont été mises en pot, ainsi que 150 cascades particulièrement appréciées par les services des espaces verts. Trois horticulteurs du pays de Vannes, Olivier Coulon de Plougoumelen, M.Mahéo d'Arcal, à Vannes, et Bernard Rolland, d'Arradon, seront présents devant les cimetières de Boismoreau et Calmont pour vendre leur production, à partir d'aujourd'hui jusqu'à dimanche.
Le prix des «fleurs d'or». Les horticulteurs achètent les boutures de chrysanthèmes (qui signifient littéralement les fleurs d'or) environ 0,50 EUR. Après six mois de bons soins, ils les revendent en gros aux fleuristes entre 4EUR et 8 EUR le plant. Au détail, selon la variété, la fleur est revendue entre 7 EUR et 15 EUR. La plante fleurie la plus achetée en France Chaque année, il se vend environ 25millions de pots de chrysanthème en France, dont 24millions uniquement pendant la période de la Toussaint, d'après l'Office national interprofessionnel des fruits, des légumes et de l'horticulture. Ce qui en fait la plante fleurie la plus achetée en France. Associé au culte des défunts Le chrysanthème est associé au culte des défunts, probablement à cause de sa floraison qui concorde avec la période de la Toussaint. Ce serait au milieu du XIXesiècle que la bougie allumée sur les tombes le 1ernovembre aurait été remplacée par des fleurs. Fleur des morts, de la gaieté et de l'éternité Fleur des morts en Occident, le chrysanthème symbolise l'éternité au pays du Soleil levant. Une fête lui est consacrée pour célébrer sa floraison à l'automne. On le retrouve sur les passeports japonais, sur le sceau de l'empereur et l'Ordre du chrysanthème est l'équivalent nippon de notre Légion d'honneur. La légende lui accorde plusieurs vertus, notamment celle de prolonger la vie de plusieurs années. Aux Pays-Bas, synonyme de gaieté, il entre dans la composition des bouquets de mariage. Introduit en France en 1789 Originaire de Corée, le chrysanthème a aussi fleuri dans les jardins de Chine puis dans ceux du Japon. Le plant est introduit en France en 1789 par un marchand marseillais. Le premier chrysanthème, pourpre, a été remis au jardinier du roi Louis XVI. Dans la seconde partie du XIXesiècle, ce sont les chrysanthèmes pompons, duveteux et cascade qui furent rapportés du Japon.
«Les horticulteurs proposent plus de variétés et de couleurs de chrysanthème».
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