30 avril 2009
Le chômage gagne du terrain. Sur le bassin de Vannes, la demande d'emploi a progressé de 20% en un an et les inscriptions ont grimpé en flèche ces trois derniers mois avec un bond de 30%! L'intérim est aussi en difficulté.
Les chiffres ne sont pas bons. Sur le bassin de Vannes la demande d'emploi en fin de mois est en hausse de 20% entre fin février2008 et fin février2009. Les inscriptions (*), elles, n'augmentent que de 5% pour la même période. C'est sur la sortie de chômage que se situe la difficulté: «Le nombre de demandeurs qui sortent est inférieur de 10 à 15% aux chiffres de février2008», analysent Monique Guerre et Laurent Raimbault, respectivement responsables du pôle emploi centre et du pôle emploi Vannes Jude. Sur les trois derniers mois (de janvier à mars) la situation s'est aggravée. Les inscriptions des demandeurs d'emploi sur Vannes Jude ont fait un bond de+27% par rapport au même trimestre 2008. On comptait en mars 993 inscriptions contre 784 en mars2008. Sur l'ensemble du bassin d'emploi de Vannes, l'augmentation est encore plus forte avec+30%. «On a jamais eu de hausse aussi forte», indiquent les responsables du pôle emploi... Mais comparé aux+49% de Fougères, le bassin limite la casse.
Les hommes plus touchés que les femmes
Les catégories d'âge les plus touchées sont les jeunes, car moins expérimentés, et les plus de 50ans. L'inégalité des sexes est renversée puisque les hommes sont plus touchés par le chômage que les femmes. «Les inscriptions sont plus masculines, dit Monique Guerre. En 2008, les femmes représentaient 56% des demandeurs en fin de mois et 52% en 2009». Les métiers les plus touchés sont le bâtiment, les équipementiers auto et les transports de marchandises. «Ces trois secteurs sont plus frileux dans leurs embauches, explique Laurent Raimbault. Ils ne licencient pas mais ils n'embauchent plus». La tendance est générale: en Bretagne l'intention d'embauche dans le secteur du BTP chute de 34%. Rien qu'au pôle emploi de Vannes, 140 maçons sont inscrits contre 20 l'année dernière à la même époque. Les entreprises de gros oeuvre sont touchées mais celles du second oeuvre ne sont pas épargnées non plus. Mais si les sociétés de construction neuves souffrent, celles qui font aussi de la rénovation résistent mieux en surfant sur la vague des économies d'énergie.
Intérim: la chasse à l'offre
Et l'intérim? «Il y a eu un gros creux en termes de contrat de travail, dit Laurent Raimbaul. On note - 21% de contrats en moins en janvier-février2009 par rapport aux deux mêmes mois de 2008. Mais cela redémarre un peu notamment dans l'industrie agroalimentaire». Pour s'en sortir, des entreprises de travail par intérim cherchent à se restructurer et se regroupent. Car aujourd'hui, c'est la chasse à l'offre. Le constat est-il négatif sur toute la ligne? Pas tout à fait. Deux secteurs tirent leur épingle du jeu: l'informatique et la recherche-développement où les intentions d'embauche sont en hausse en 2009.
(1) Les personnes optant pour la CRP (convention de reclassement personnalisé) ne sont pas comptabilisées.
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