5 juin 2009
Au début du XVIIIesiècle, les vasières du golfe appartiennent aux ecclésiastiques du diocèse de Vannes. En faillite, en 1720, les hommes d'Église obtiennent du roi l'autorisation de créer des marais pour faire le commerce du sel.
Un siècle à l'abandon
À la Révolution, les terres sont confisquées et revendues. Mais en 1840, le cours du sel chute. Les patrons revendent les parcelles à leurs ouvriers qui vont, face à la baisse des rendements, progressivement les abandonner. Les marais resteront à l'abandon durant un siècle. Seuls les chasseurs privés continueront à fréquenter ceux du nord tandis que l'océan envahira ceux du sud.
Rachat de marais avec l'argent de l'Amoco Cadiz
En 1979, avec le reste de l'argent obtenu suite à la marée noire de l'Amoco Cadiz, la SEPNB rachète quatre bassins et une prairie qui formeront la petite réserve de Falguérec. Le site présente un intérêt historique et éducatif, et bien évidemment naturaliste du fait de la présence de très nombreux oiseaux. Les bénévoles de la SEPNB, dont Rémy Basque, commencent le réaménagement, réparant les digues et refaisant l'hydraulique. Le premier observatoire est ouvert au public en 1982. Mais naturalistes et bénévoles se sentent à l'étroit, lorgnant sur les parcelles du sud et rêvant déjà de la création d'une réserve naturelle d'État.
Les chasseurs ne veulent rien entendre
«En 1985, on monte un premier dossier que l'on distribue à une vingtaine d'instances. Il n'y a pas de bataille pendant un an. On suggère un partage des terres avec les chasseurs. Mais, malgré des propositions pourtant complaisantes, les négociations dégénèrent parce que les chasseurs ne veulent rien entendre. Entre1987 et1990, on réussit à racheter des parcelles stratégiques et on relance notre dossier pour la création d'une réserve d'État. L'affaire va prendre du temps parce que comme les terrains sont envahis par l'océan, il faut délimiter le domaine privé et le domaine maritime. À cette époque-là, nous sommes soutenus par la mairie tenue par Marcel Carteau. En revanche d'autres politiques, dont Jo Oillic alors maire de Theix mais aussi conseiller général et député suppléant, s'opposent au projet», raconte Rémy Basque.
«Aujourd'hui, je savoure»
En 1996, enfin, la Réserve naturelle des marais de Séné est créée sur 410 hectares. Mais une nouvelle bataille commence quand la préfecture et le conseil général tentent alors d'installer un syndicat mixte pour gérer l'espace. Il faudra l'arrivée de Dominique Voynet au ministère de l'Environnement, en 1997, pour que, par convention, la gestion du site soit confiée à l'Amicale de chasse, à Bretagne Vivante-SEPNB et à la commune de Séné. «Avec Patrick Salic, ça s'est mal passé», déplore Rémy Basque qui a démissionné du poste de conservateur qu'il occupait depuis la création de la réserve deux mois avant les dernières élections municipales. «Aujourd'hui, je ne suis plus qu'un bénévole de base et je savoure», conclut Rémy Basque qui se félicite qu'avec la nouvelle municipalité, le dialogue soit renoué, et que des projets puissent à nouveau être discutés. La gestion de la réserve est maintenant assurée par un conseil local et Guillaume Gélinaud, ex-directeur scientifique, a été désigné conservateur.

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