16 octobre 2009
Plus de banderoles sur les routes, ni de menaces sur le Salon nautique, le climat qui entoure la gestion des sangliers sur la presqu'île s'est apaisé. Un constat qui s'explique en premier lieu par un abattage plus important.
Il y a un an, 150 chasseurs organisaient un barrage filtrant à Sarzeau. Ils entendaient ainsi dénoncer le plan de chasse du sanglier sur la presqu'île et les dégâts causés aux cultures. Didier Launay, le porte-parole de ce collectif, demandait qu'on en abatte davantage. Un an plus tard, il semble avoir été entendu. «Il reste encore des sangliers, mais c'est vrai qu'il y a moins de problèmes cette année», reconnaît l'agriculteur. Le Groupement d'intérêt cynégétique (Gic) a, il est vrai, revu son plan de chasse à la hausse.
33ha détruits
135 sangliers ont été tués entre août2008 et février2009. «C'est 30 de plus que ces deux dernières années. On s'était effectivement rendu compte qu'il y avait sans doute trop de sangliers, alors on a relevé notre quota. Parmi les animaux tués, il y avait une vingtaine de laies pleines, ce qui va d'autant diminuer leur population sur la presqu'île», pense le président du Gic, Guy Dlouhy. Aux 135 sangliers tués par le groupement, s'ajoutent 17autres prélevés par Agrichasse et la société communale du Hézo. Les nuisances provoquées par ce gibier en 2008 n'étaient pas une vue de l'esprit. L'an dernier, 33ha de cultures ont été détruites, ce qui représente un quart des destructions enregistrées dans le département. Par ailleurs, le sanglier a provoqué treize accidents sur les routes de la presqu'île.
Moins de demandes d'indemnisation
À la Fédération de la chasse, on reconnaît que le secteur mérite une vigilance accrue. «Sans doute que les plans de chasse précédents étaient insuffisants», observe Bruno Jaffré, directeur de la Fédération des chasseurs du Morbihan. «Mais la gestion de ces animaux est compliquée, parce qu'ils sont très prolifiques et qu'il est difficile d'estimer leur population. On pense aussi qu'il y a eu un afflux imprévu il y a deux ans, après une montée des eaux en Brière». Les friches et les broussailles sont des zones refuge pour les sangliers. Des opérations de défrichage ont donc été menées. À Noyalo tout particulièrement, en bordure de la départementale. Un mirador a également été élevé pour tuer les sangliers en toute sécurité dans cette zone accidentogène. Si Didier Launay reconnaît le bien-fondé de ces interventions, il les juge toutefois limitées. «Il y a beaucoup à faire, car il y en a encore énormément de friches sur la presqu'île». Ce que retiennent les chasseurs, c'est néanmoins que les demandes d'indemnisations émanant d'agriculteurs sont nettement en baisse. «C'est un élément qui montre bien que la situation est meilleure», affirme Bruno Jaffré.
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