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Tribunal. Un doigt d'honneur et c'est la course-poursuite

22 octobre 2009

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Une mauvaise fin de soirée comme tant d'autres. Celle-ci remonte au début de l'été 2007 et était évoquée, hier, devant le tribunal correctionnel de Vannes. Cette nuit-là, sur le parking de la discothèque Le Malvern, une voiture en dépasse une autre, qui peine à démarrer. Un geste insultant, prenant la forme d'un doigt ou d'un bras plein d'honneur et dont on ne sait encore exactement qui l'a effectué, déclenche une course-poursuite «comme on en voit dans les mauvaises séries télé», peste Me Alain Guilloux, l'avocat des quatre parties civiles. Ses clients seront pourchassés dans les rues arzonnaises par une Renault Clio. Ils s'y perdront, eux qui ne sont pas originaires du Morbihan.

Le «petit» et le «grand»

À bord de la citadine, les deux prévenus. Ils sont passagers. Ont bu. Il y a là un Vannetais de 21ans, désigné comme le «petit» dans les dépositions initiales des victimes. À la barre, celui qui est sorti de la maison d'arrêt rennaise lundi et se trouve en liberté conditionnelle jusqu'au prochain mois de juin, n'a pas beaucoup de souvenirs de la bagarre qui a ensuite éclaté dans l'impasse des Sinagots, après plusieurs kilomètres de chasse. Mais, c'est vrai, «on n'aurait pas dû les suivre». À 130km/h... Il fait profil bas, conseillé qu'il est par Me Anne Campion. Car parmi les parties civiles, deux se sont vues notifier des interruptions totales de travail (ITT) longues de plus de dix jours.

Une bûche, dérobée dans un barbecue, sert d'arme

Son acolyte, c'est un autre Vannetais, plus vieux de deux années, dit le «grand» par opposition, et spécialiste de boxe thaïlandaise. Il opte pour une autre défense, plus provocatrice et dénuée d'avocat. Il répond même, en fronçant les sourcils, au juge Jean-Yves Cavaud: «Vous étiez pas là (sic), vous ne pouvez pas savoir...». Peut-être. Sauf que le vice-procureur de la République, Thierry Lebéhot, a lui-même instruit l'affaire. Et lui le sait, s'appuyant sur les procès-verbaux dressés par les gendarmes: une bûche a bien été dérobée dans le barbecue d'une propriété pour servir d'arme au moment des échanges de coups. Terminant sa course sur la tempe de l'une des victimes. Au final, Thierry Lebéhot requiert de quatre à six mois d'emprisonnement pour le duo, une peine qui pourrait être «aménagée» pour le «petit» et assortie de sursis, en partie, pour le «grand». Délibéré le mercredi 2décembre prochain.

  • Aurélien Douillard
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