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Sarah Hébert. La Carnacoise s'est élancée ce matin à l'assaut de l'Atlantique

22 février 2012

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Après avoir repoussé son départ de 24 h, Sarah Hébert est partie ce mercredi matin de Dakar, vers 7 h30 heure locale (8h30 heure française). La véliplanchiste carnacoise s'attaque à la traversée de l'Atlantique entre le Sénégal et la Guadeloupe, soit environ 4.000km, avec une planche à voile de série. Une première mondiale.

"Ce sera la première fois que je traverse l'Atlantique autrement qu'en avion", plaisante la jeune femme âgée de 27 ans. "L'envie est née il y a cinq ans, lorsque j'ai eu la chance d'embarquer en équipage sur un multicoque de course. Je me suis retrouvée seule à la barre dans la tempête, et je me suis rendu compte que le large me manquait !". Un retour aux sources pour celle qui a passé les onze premières années de sa vie à naviguer avec ses parents sur toutes les mers du globe.


Denis Debrand, ostéopathe, suivra Sarah Hébert pendant la traversée :




Le défibrillateur, "une seconde vie"
Quadruple championne de France, vice-championne du monde et championne d'Europe de windsurf, Sarah Hébert s'est fait implanter en 2006 un défibrillateur, après que son médecin eut diagnostiqué un trouble cardiaque lors d'un contrôle de routine.

"Je veux réaliser cet exploit par goût de la vie et de la glisse, explique-t-elle. Lorsque j'ai appris que mon coeur ne me permettrait plus de vivre à 100% ma passion, j'ai d'abord eu du mal à accepter cette réalité. Puis j'ai compris que le défibrillateur pouvait m'offrir une seconde vie. Après la douleur, l'acceptation de ce corps étranger et le fait d'avoir retrouvé mon niveau professionnel m'ont fait comprendre que cet exploit était à ma portée".

La véliplanchiste sera accompagnée d'un bateau suiveur, qu'elle rejoindra chaque soir pour dormir et s'alimenter. "Neptune's car", un catamaran de 15m, est skippé par Philippe Chapel, un marin de l'Aber-Wrac'h (29). L'équipage de quatre personnes comptera aussi un kiné. À bord, elle embarque un total de quatre planches et dix voiles, adaptées à différents types de temps, mais toutes de série et conçues pour la navigation côtière.

Prévu initialement mardi en fin d'après-midi, le départ de Sarah Hébert a été reporté à mercredi matin justement pour achever les derniers préparatifs du bateau suiveur.

"La planche à voile reste l'un des supports les plus rapides sur l'eau. Mais là, je vais devoir affronter une houle de cinq mètres. L'océan, c'est vraiment une autre planète, tous les marins vous le diront !".


 

 



Jules Verne pour compagnon
Sarah Hébert prévoit de traverser l'Atlantique en 25 jours, à raison de six à huit heures de navigation quotidiennes. Elle repartira le matin depuis l'endroit précis (relevé par GPS) où elle se sera arrêtée la veille au soir. Sur sa planche, la jeune femme disposera d'une VHF, d'un téléphone satellite, d'un GPS, de trois balises et de fusées de détresse.

 

Elle aura aussi un MP3 étanche pour écouter de la musique... et des enregistrements de livres de Jules Verne. Elle n'a pas peur de s'ennuyer : "J'aime bien être sur l'eau. Je prends le temps de méditer, de regarder la mer...".

Après un hiver à s'entraîner entre sa Nouvelle-Calédonie natale et son "home spot" de Carnac (56), la championne s'est envolée vendredi dernier pour Dakar. "Idéalement, j'aimerais avoir des alizés de nord-est, de 15 à 20 noeuds. Seul problème, je serai tribord amure (vent venant de la droite) pendant toute la traversée: à l'arrivée, j'aurai la cuisse et le bras gauche surdéveloppés", s'amuse-t-elle.

Au-delà du défi sportif, la traversée doit aussi lui permettre de véhiculer un message, celui qui est devenu sa devise: "Avec du coeur, tout est possible. J'ai envie de montrer que, même si on est implanté, on peut avoir des rêves et continuer à faire des choses", conclut Sarah Hébert.

  • Mathieu Pélicart (avec AFP)
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