24 janvier 2012 - 2 réactions
C'est un imposant morceau d'acier d'une couleur incertaine, naviguant entre le rouge et le grenat. En lettres blanches s'étale l'inscription TK Bremen. La découpe au chalumeau de ce morceau prélevé sur la proue du bateau en a écorné les bords, rendus tranchants par l'opération. Les services techniques de la ville d'Erdeven l'ont récupéré et mis au secret.
Le même destin que la Main verte?
«On ne sait pas encore ce qu'on va en faire, on va y réfléchir», indique le maire, Françoise Le Jossec, dont la commune accueille déjà un morceau d'acier célèbre: une main verte monumentale placée à l'entrée de la plage de Kerouriec pour commémorer l'opposition victorieuse à l'installation d'une centrale nucléaire, en 1975. Après restauration, le morceau duTK Bremen connaîtra sans doute un destin similaire, sur la plage de Kerminihy ou ailleurs. Dès demain en tout cas, il devrait être le plus gros débris du navire échoué le 16décembre encore présent sur la commune. «Dans les deux jours tout sera fini», a, en effet, confirmé, hier, Marc Gander, l'officier de communication de la préfecture maritime. Vers 15h, lorsqu'il s'exprimait sur la plage de Kerminihy, seul un porque, un élément coudé servant à la fois à consolider la muraille et à supporter le pont, se dressait encore timidement dans le ciel. Au sol, il restait encore une partie du fond du bateau sur une quinzaine de mètres (109m au départ). Et, a priori, plus d'hydrocarbures à l'intérieur. «Tout a été pompé», a indiqué le capitaine de frégate Gander. Par sécurité, un canot pneumatique traînant un barrage flottant se tenait prêt à intervenir à quelques mètres de la carcasse à demi immergée. Il est vrai que le sujet est sensible: hier matin, l'entreprise néerlandaise Euro Demolition a stoppé le travail et ne l'a repris qu'après avoir reçu une attestation des autorités lui donnant quitus pour la pollution constatée dimanche sur la plage de la Roche-Sèche (lire ci-dessous).
Criblée sur 1 à 2m
Si la déconstruction s'achève bien demain, il faudra «une petite semaine» pour débarrasser le chantier. Ce qui comprend le démontage et l'évacuation des engins, ainsi que le démontage du cheminement de fer et de bois permettant le passage des engins et leurs évolutions sur la plage. Celle-ci sera également nettoyée par l'entreprise néerlandaise. «Afin de récupérer les morceaux de métal, il y aura d'abord un aimantage puis un criblage sur une à deux mètres de la basse mer au bas de la dune», a annoncé l'administrateur des affaires maritimes, Hervé Moussaron.