22 février 2012
292 EUR en novembre, 180 EUR en décembre, 30 EUR en janvier. Les fiches de paie présentées par ce jeune pêcheur, 24 ans, embarqué sur un côtier, illustraient ses doutes quant à l'avenir du métier. De quoi faire bondir Olivier Le Nézet, président du tout nouveau comité départemental des pêches. «On est en présence d'un cas isolé, qui ne reflète pas la réalité. Les cours bas et le prix du gazole ne peuvent pas expliquer une paie comme ça. Il y a d'autres paramètres à prendre en compte: un bateau stoppé pour raison mécanique, des jours pas travaillés, peut-être encore d'autres raisons personnelles...». Et Olivier Le Nézet insiste: «Non, ces salaires-là, ça n'est pas possible. On a fait une étude, sur la région Bretagne, le salaire moyen à la pêche est de 2.700EUR». Le président du comité départemental reconnaît que «pour les paies, il y a évidemment des aléas, tout au long de l'année. C'est sûr, l'hiver, ça n'est pas forcément la meilleure période. Mais il ne faut pas voir ça au mois».
2011, une bonne année
Si la combinaison du prix élevé du carburant et des cours à la baisse du poisson sont montrés du doigt, Olivier Le Nézet nuance également. «Oui, le gazole est cher, à 70 centimes. Mais ça fait un an que c'est comme ça. Or, pour 2011, les chiffres d'affaires des bateaux ont progressé de 10 à 20%. Depuis le début de l'année, c'est peut-être un peu moins bon, mais même avec du gazole cher, c'est d'ailleurs valable aussi pour les gens qui sont à terre, on a réussi à maintenir la rentabilité des navires, parce que tout le monde fait des efforts. Encore une fois, il faut aussi tenir compte des spécificités. Un chalutier sera bien plus impacté, par exemple, qu'un ligneur».
Manque de bras
Olivier LeNézet réfute également «le discours qui dit "la pêche est finie". Ça n'est pas vrai. Il y a aujourd'hui des opportunités, la ressource est présente, le marché se développe avec des places fortes, comme Lorient. La demande aussi progresse. Et on travaille tous les jours pour faire avancer les choses. On prépare par exemple un plan de financement pour installer des jeunes, avec la Région». Quant au marché, et à la différence parfois observée entre prix sous criée et prix à l'étal, Olivier LeNézet n'accuse pas les mareyeurs: «C'est peut-être la partie qui prend le moins. En fait, c'est un équilibre complexe. De la langoustine achetée 15 EUR du kilo ne peut pas être vendue beaucoup plus chère, alors, en parallèle, il y a un rattrapage sur des poissons achetés meilleur marché». L'avenir, le président du comité départemental n'en a pas peur. «Il y a de la place pour ceux qui veulent, d'ailleurs la filière cherche des bras. On sait que c'est un métier dur, très dur, mais celui qui veut travailler correctement peut gagner sa vie correctement». Des arguments qu'il compte bien faire valoir de façon concrète, aujourd'hui. Une délégation de la commission européenne vient en effet visiter le port de Lorient.

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