28 octobre 2009
Les ostréiculteurs du Pays d'Auray appelaient hier à un rassemblement sur le parking du Carrefour Market, à Pluneret. Avant de mettre le cap sur Lorient pour exprimer leur colère, ils ont fait le point sur leur situation.
Rencontre avec Christian Ducos, ostréiculteur de Saint-Philibert.
L'ostréiculture est en crise depuis deux ans... A-t-on identifié le problème?
Non, toujours pas. C'est d'ailleurs l'une des raisons de notre mouvement de colère. Cette année est pire que la dernière. Depuis deux ans, on a de très fortes mortalités d'huître, sans en connaître la cause. Fin 2010, on ne vendra que 20% de ce que l'on pouvait produire il y a encore quelques années... Pour les particuliers, ça se ressentira dans le prix de vente vers janvier2010.
Quel est le but de votre rassemblement?
Nous menons aujourd'hui (NDLR: hier) une action départementale, en espérant que nos revendications seront portées à Paris. C'est notre dernière manifestation locale avant un mouvement d'ampleur nationale à Paris.
L'avenir de la profession est-il vraiment menacé?
C'est une crise de survie. L'avenir de notre métier est plus que compromis et l'État ne veut pas prendre la mesure de notre situation. Suite aux pertes massives de nos cheptels d'huîtres, diverses rencontres ont eu lieu avec l'État pour connaître les moyens mis en oeuvre pour sauver notre profession en crise. Les aides évoquées sont bien en dessous de ce que l'on a pu avoir l'an dernier. D'ici deux ans, la viabilité de toutes les entreprises sera remise en cause. Déjà, un certain nombre d'ostréiculteurs a décidé d'arrêter.
Que demandez-vous?
On demande un soutien technique, scientifique et financier. Il faut que l'État aide les gens qui continuent, mais aussi ceux qui arrêtent et sont endettés. On veut également une analyse scientifique du milieu pour trouver les raisons de cette mortalité.
Le ministre de la Pêche, Bruno Le Maire, a rappelé en septembre qu'il avait demandé à l'Ifremer (l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer) un rapport sur les causes de la surmortalité qui affecte les jeunes huîtres, en partenariat avec la profession ostréicole...
Le problème, c'est que l'Ifremer n'a toujours pas trouvé l'origine des mortalités. Ce qui veut dire que, sauf miracle - et on n'y croit plus, aux miracles - nous allons être plusieurs années sans production significative. L'État est responsable de la qualité du milieu et doit s'en porter garant. Et c'est l'Ifremer qui contrôle la qualité du milieu. Nous sommes aujourd'hui suspicieux sur l'action de l'Ifremer. On demande donc une expertise du milieu par des labos indépendants. Nous, on élève un produit 100% naturel. Si on faisait le bilan carbone de notre production, il serait extrêmement faible. On fait ce que l'État demande à tout le monde de faire... et on est tous en train d'en crever.
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