14 octobre 2009
«Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l'Homme sont violés. S'unir pour les faire respecter est un devoir sacré». L'appel du père Joseph sera entendu samedi à Auray.
«Y a-t-il des personnes sans domicile à Auray ou dans les environs? Combien sont-ils? Peuvent-ils trouver où dormir à Auray? Quel est le pourcentage d'utilisation du local municipal sur une année?» (*). Voilà quelques-unes des questions posées par un quiz, un peu provocateur, qui sera proposé samedi aux Alréens, place Notre-Dame. Pour la première fois, la ville se joindra à la «Journée mondiale du refus de la misère». L'occasion pour les associations alréennes d'afficher leur détermination à éradiquer la misère humaine... Même si l'objectif semble encore, et sans doute pour longtemps, intouchable. «Sur Auray, le nombre de bénéficiaires des différentes associations n'est pas en diminution. Loin de là », affirment, ensemble, les représentants des différentes associations. Amnesty, la Croix-Rouge, l'association Stéphane-Bouillon, les Scouts de France, le Secours catholique, le Secours populaire... Tout ce qu'Auray compte de bonnes volontés sera présent samedi, de 10h à 17h.
«Il n'y a pas pire misère que d'être dans la rue»
Rencontres, animations sont programmées samedi dans un seul but: pousser un grand cri d'alarme. Dehors, dans la rue, toute l'année, des Alréens attendent avec impatience le retour du matin pour ne plus grelotter de froid. «Il n'y a pas pire misère que d'être dans la rue», affirme Patrick Le Galliot, le président de l'association Stéphane-Bouillon (du nom du sans-domicile fixe retrouvé mort à Auray en 1998) qui, en dix ans d'existence, a permis à 25 personnes de retrouver un toit. «Aujourd'hui, nous venons en aide à une douzaine de personnes. Parmi elles, il y a des gens que l'on ne soupçonnerait pas de ne pas avoir un toit».
Des nouvelles de la Maison relais?
Patrick Le Galliot voit également en cette journée l'occasion de rappeler les engagements passés: «On entend plus parler de la Maison relais, qui était pourtant évoquée lors de la campagne des élections municipales. Ce projet de maison, où les gens seraient accueillis et accompagnés, était inscrit dans le programme de la municipalité. On nous répond que les bâtiments qui devaient servir à l'accueillir sont toujours propriété de l'hôpital... Mais l'urgence est là , dans la rue. Qu'importe l'endroit, il faut ouvrir cette maison», assène-t-il. La journée du 17octobre pourrait servir à relancer la question auprès des élus.
(*) Les réponses, pour ceux qui ne voudraient pas attendre samedi: oui, les squats discrets sont près de la gare ou sur la plaine. Une quinzaine. De décembre à mars seulement. Moins de 20% du temps théoriquement disponible.
Pratique Journée mondiale du refus de la misère samedi 17octobre, de 10h à 17h, sur la place Notre-Dame.
«Le 17octobre 1987, à l'appel du père Joseph Wresinski, 100.000défenseurs des droits de l'Homme se sont rassemblés sur le parvis du Trocadéro, à Paris, pour rendre honneur aux victimes de la faim, de la violence et de l'ignorance, pour dire leur refus de la misère et appeler l'humanité à s'unir pour faire respecter les droits de l'Homme», rappellent Michelle Hourdeaux et Nicolas Traversay, d'Amnesty International. «Depuis cette date, le 17octobre de chaque année, les plus pauvres et tous ceux qui refusent la misère et l'exclusion se rassemblent dans le monde entier afin de témoigner de leur solidarité et de leur engagement pour que la dignité et la liberté de tous soient respectées».
Concarneau. Solidarité. Une journée contre la misère samedi
Quimper ville. Refus de la misère. Une grande marche le 17
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