3 février 2012
«Et qui va nettoyer l'escalier? Vous le savez, vous?». Après une nuit sans sommeil et une heure trente d'audition dans les locaux de la gendarmerie d'Auray, Mme Le Gourrierec avait du mal à se remettre de ses émotions de la veille.
«Sauvée par la petite voisine»
Mercredi soir, peu avant 20h, cette retraitée demeurant au premier étage de l'immeuble de trois niveaux du 16 de la rue du Général-de-Gaulle, a été «sauvée par la petite voisine d'en face». Cette dernière raconte la suite en indiquant des horaires balisés par ses appels depuis son téléphone portable. «J'étais dans l'appartement avec mon compagnon. Lui sentait une odeur de fumée mais moi rien. Il a ouvert la porte pour vérifier et on a vu que toute la cage d'escalier était enfumée. J'ai immédiatement appelé les pompiers. Il était 19 h 47. Quand je les ai rappelés la deuxième fois, il était 19 h 54». Entre-temps, le jeune couple avait alerté les deux autres occupants de l'immeuble: la voisine de pallier, Mme Le Gourrierec, ainsi que la voisine d'en bas. Et tous les quatre s'étaient abrités du froid dans une voiture en attendant l'arrivée des pompiers. Le feu avait pris dans le seul des deux appartements du deuxième étage actuellement occupé. Heureusement, le locataire était alors absent. «Mais de toute façon il aurait été impossible de monter l'escalier pour aller prévenir», précise la jeune femme du premier.
«Jean-François, y'a l'feu chez toi»
Trois-quarts d'heure environ avant l'alerte, les deux femmes ont entendu «un grand bruit, comme un meuble qu'on bascule». Puis au moins deux personnes auraient descendu l'escalier. Mais ça n'avait pas surpris outre mesure des locataires habituées aux nuisances sonores. Alors que les pompiers avaient déjà sorti la grande échelle pour circonscrire l'incendie, le locataire du deuxième étage, Jean-François Gaboriau, 36 ans, est arrivé sur les lieux. Selon ses dires, ce sont les gendarmes qui l'ont prévenu. «Ils ont été appelés parce qu'il y avait une crise dans l'appartement où j'étais, chez des copains, au Goaner. Quand ils m'ont vu, ils m'ont dit "Jean-François, il y a le feu chez toi". Et ce sont eux qui m'ont emmené jusqu'à chez moi». Le jeune homme n'est pas monté jusqu'à son appartement en proie aux flammes. Et tandis que les autres occupants de l'immeuble pouvaient regagner les leurs vers 21 h 40, lui a passé la nuit... à la gendarmerie. Au réveil, Jean-François Gaboriau y a porté plainte contre X.Il faut dire que son appartement n'a pas seulement brûlé. À l'intérieur, tout était sens dessus dessous. Et il affirme que ses papiers et sa carte de crédit auraient été dérobés.
Des fréquentations en question
Du côté de la gendarmerie, le capitaine Gomez, de la compagnie de Lorient, se borne à indiquer qu'une enquête est en cours «pour déterminer si l'incendie est accidentel ou criminel». Trois techniciens de l'identité criminelle sont d'ailleurs passés hier afin d'effectuer des constatations dans l'appartement dévasté. À ce stade, il s'agit d'une enquête «comme à chaque fois». Mais Les fréquentations du jeune homme, qui avoue «avoir connu la rue», et affirme «je suis en train de me réinsérer», alimentent les rumeurs dans le quartier. Jean-François Gaboriau entretenait de loin en loin des relations avec plusieurs des personnes sans domicile fixe qui ont leurs habitudes juste en bas de chez lui, sur le parking du Carrefour Market.

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