5 juin 2009
Les hostilités ont été ouvertes tôt, mercredi, avec l'intervention, deux heures avant le conseil, d'une centaine d'agents municipaux devant la mairie. Le sujet est logiquement revenu sur la table en fin de séance...
«On demande le retrait du projet de supprimer les indemnités, quel que soit le motif d'absence de l'agent, la révision du régime indemnitaire à la hausse et sa mise à plat pour une plus grande transparence et une équité entre les agents». Le cap avait été fixé à l'avance. Mercredi, une délégation a été reçue par Michel Le Scouarnec, Guy Roussel (premier adjoint) et Yves Roquet (finances) pour trouver des solutions à la grogne des agents municipaux. Rappel: les germes du conflit ont été plantés lors d'une réunion, organisée à l'initiative de la ville, le 27avril dernier. Une proposition avait été faite de supprimer les indemnités des agents à partir de dix jours d'absence dans l'année. L'idée avait rapidement provoqué l'ire des employés concernés. Un mécontentement qui, aux dires des agents rencontrés, se nourrissait également du «peu de relations entre agents et élus» et «d'un manque de reconnaissance du travail»...
Revalorisations
En clair, pour ce dernier point: de faibles salaires et de l'absence de revalorisation. «Nous avons comparé avec les agents des collectivités de taille similaire à la nôtre... Et nous l'avons fait savoir au maire lors de notre réunion», annonçait après sa rencontre, Joëlle Guillou, représentant la CGT. Il n'en fallait guère plus pour cibler les élus, accusés de s'être généreusement octroyé une petite augmentation en début d'année. Une charge interceptée hier par Yves Roquet, l'adjoint aux finances: «L'affirmation selon laquelle les élus bénéficieraient d'une augmentation de 15% de leurs indemnités est fausse. La ligne budgétaire consacrée aux indemnités des élus est certes en hausse par rapport à 2008. Elle s'explique simplement par le fait que dans la nouvelle équipe élue en 2008, on compte un conseiller délégué de plus par rapport au mandat précédent. Par conséquent, le budget 2009 prend en compte le versement d'une indemnité supplémentaire. Le montant de l'indemnité perçue par les élus sera identique en 2009 par rapport à 2008».
Trouver le consensus
Le chapitre n'était pas refermé. Dès le début du conseil, le sujet revenait sur le tapis par l'intermédiaire d'Yves Bienvenu, conseiller d'opposition, qui demandait à Michel Le Scouarnec de bien vouloir «nous retranscrire la teneur de l'entretien qu'il aura eu juste avant avec l'intersyndicale des employés de la ville». Mais ce n'était qu'en fin de séance, une fois l'ordre du jour évacué, que le maire revenait sur le conflit, pour le désamorcer: «Il y a eu des incompréhensions, nous avons créé un groupe de travail sur le fonctionnement des services. Nous allons étudier les façons de faire des autres communes. Nous allons rechercher le consensus», a déclaré le premier magistrat, avant d'adresser un retour de fond de court: «L'opposition ne s'est pas trompée en nous reprochant, lors du vote du budget, de dépenser trop. Et les bas salaires, ce n'est pas une volonté de la politique de la ville...». Dans le fond de la salle, le message était entendu par les représentants des agents présents, dont Joëlle Guillou: «Le maire s'est engagé à nous revoir et à envoyer un courrier à la mi-juin. On reste attentifs».
Lors du conseil municipal de mercredi, les élus ont accueilli le candidat venant sur la liste immédiatement après Jean-Pierre Fournis, démissionnaire: il s'agit d'Alain Le Hay. Lors de cette séance, il a été décidé que la commune adhérerait à l'association «Grand Ouest commande publique et développement durable», qui regroupe une soixantaine de collectivités territoriales des régions Basse-Normandie, Bretagne, Pays-de-la-Loire, Poitou-Charentes et Limousin. L'idée est de mettre en place un réseau d'échanges entre collectivités autour de la question du développement durable dans la commande publique. «Cela permet de créer une culture commune, de mutualiser les expériences, de créer une dynamique en motivant l'intérêt des acteurs, de développer l'information et d'aider les décideurs dans leurs politiques», a commenté Anne-Marie Boudou, adjointe au développement durable. L'adjointe au développement durable a également dû répondre aux interrogations d'Yves Bienvenu, portant sur la chaufferie bois du Gumenen (non programmé à l'ordre du jour): «La commission développement durable et citoyenneté, dont je fais partie, prévue initialement sur ce sujet le 25mai denier a été reportée au 16juin prochain, soit la veille du conseil municipal spécialement prévu à l'étude de l'implantation de cette chaufferie», s'est interrogé l'élu d'opposition. «Considérant que se retrouver en commission la veille sur un sujet de cette importance, qui doit être traité le lendemain en conseil, ne laisse aucune place à la discussion et encore moins à quelques modifications, vu que les documents soumis aux votes sont déjà prêts, je souhaite également m'étonner de cette façon de faire pour le moins bien éloignée de la concertation affichée». Réponse d'Anne-Marie Boudou: «Ce n'est pas le même sujet. Il s'agit ici de la délégation de service public qui ne concerne pas la commission développement durable». «On ne pouvait pas le faire à un autre moment» a complété le maire. Toujours pas directement programmé à l'ordre du jour, mais lancé par Jean-Pierre Paviot lors des questions diverses: le devenir du port de Saint-Goustan. «Je m'étonne de ne voir aucune initiative sur le port dans le domaine du patrimoine...». Inévitablement, le sort du Saint-Sauveur a refait surface... provoquant le courroux de Roland Le Sauce: «Avoir un bateau musée? Je parle en mon nom mais je dis: non! ??a doit bouger un bateau, ça doit vivre. On ne peut pas prendre la responsabilité de refiler une ??merde?? à nos successeurs de l'équipe municipale, dans quinze ans. Et on ne va pas rentrer dans l'association de Monsieur Malardé quand celui-ci veut attaquer la municipalité. On n'est pas maso». Peu d'espoirs, du côté de la mairie, pour le Saint-Sauveur. Saint-Goustan n'est pas délaissé pour autant. Le budget voté en début d'année a été complété hier par un budget annexe. «Nous avions voté sur des données qui n'étaient pas complètes» a expliqué Yves Roquet. Une partie du complément de la dotation nationale de péréquation de la taxe professionnelle (88.469 ???) sera reversée dans le financement des travaux du quai... qui s'arrêteront bien l'été, du 1erjuillet au 20septembre comme le maire l'a confirmé hier aux commerçants, lors d'une réunion. Des commerçants qui ne seront cependant pas indemnisés, comme cela a été suggéré mercredi soir par Yves Bienvenu. «Certaines villes le font. Ce n'est pas une mauvaise idée». «Des villes qui ont plus de moyens. Nous, on n'a pas d'argent, mais on a des idées» a répondu le maire, suppléé par Yves Roquet: «Il ne s'agit aucunement d'une obligation pour les communes».
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