15 octobre 2009
Il est possible de s'habiller tendance en respectant tous les maillons de la chaîne, y compris (et surtout) le dernier, celui qui le confectionne. Une nouvelle entreprise de Carnac s'est engouffrée dans le créneau du vêtement éthique.
Pas facile de se faire une place dans la jungle du commerce en ligne. Il est bien sûr nécessaire de disposer de l'ingrédient principal: «la» bonne idée. Mais pour tenir sur la distance, il est également recommandé d'y associer une bonne dose de convictions personnelles et, parfois, une rasade d'éthique, afin de relever le tout. C'est un peu le cocktail que servent, depuis maintenant six mois, Mikael Le Vilain et Jochen Krauth, créateurs d'Ethicolours. «C'est notre première entreprise. On vient d'univers différents, mais pour se lancer, on voulait quelque chose qui nous ressemble», explique Jochen Krauth, ancien véliplanchiste bien connu du monde de la glisse.
«Hype» et responsable
«Ce que l'on souhaitait, c'est faire du commerce, tout en proposant des choses sympas, des habits qui se portent bien, qui valorisent la filière équitable et les producteurs... Mais sans qu'on puisse avoir l'impression d'avoir un sac de patates sur le dos. L'équitable, ça peut être très ?hype?». Terminé, donc, le temps des hippies déglingués et des adeptes des tenues vestimentaires empruntées dans la garde-robe de moines franciscains. Aujourd'hui, le «bobo» s'habille chic et équitable.
Montée en puissance
«On propose une large gamme (homme et femme) de produits de qualité et des produits moyenne gamme et haut de gamme. Nos vêtements associent design, respect du commerce équitable et respect de l'environnement. On a un large choix de vêtements en coton bio, ainsi que des accessoires de mode inédits. Nous avons également les dernières collections de marques ?éco-responsables? telles que Numanu, People Tree, Globe Hope...». Les deux hommes, nichés sous les combles d'une boutique du centre-ville de Carnac, voient leurs commandes monter progressivement en puissance. Les cartons s'amoncellent quand le chiffre d'affaires décolle un peu... Mais pas trop.
Éthique et pas toc
«Nous sommes très attentifs à ce qui revient aux producteurs. Avant de travailler avec une marque, on vérifie qu'elle répond aux critères. Si, à un moment donné, tout le monde donne un peu plus, on peut faire participer plus de monde au commerce», assure Jochen Krauth. «Les produits sélectionnés sont soit issus du commerce équitable, soit fabriqués par des producteurs appliquant des principes sociaux équilibrés et justes. Beaucoup de petits producteurs ne peuvent pas encore bénéficier des labels de commerce équitable (Max Havelaar, Fair Trade...) alors qu'ils remplissent les conditions éthiques nécessaires». Et quand on parle bio, on parle bio: «Les produits bio sont fabriqués avec des matières et composants reconnus ou labellisés biologiques», assure Mikael Le Vilain, qui passe des heures derrière son écran à s'assurer, rassurer, dialoguer avec les clients internautes. L'échange, toujours.
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