5 février 2012
Un grand sourire pour chacun et une bise pour les proches, Astrid Dortu accueille ses invités à l'espace Roh-Mané, à la sortie de Plougoumelen. À 14h tapantes, ils sont 120 à piaffer en attendant l'ouverture des portes. En plus du sourire qu'elle offre, Astrid leur tend une «fiche d'inscription comme volontaire auprès d'Adèle».
«Les mots sont dans la tête»
La petite fille n'est pas là. Mais on la verra tout à l'heure à l'image sur des petits films réalisés par ses parents. Adèle souffre d'autisme. Éric de Labarthe, délégué régional de l'AEVE (pour Autisme espoir vers l'école), explique la maladie et la méthode qui a permis aux 5.500 bénévoles de la jeune association créée fin 2005 de venir en aide à 230 enfants, adolescents et jeunes adultes. En substance, ce grand-père devenu un spécialiste de la maladie après la naissance de son petit-fils, explique que l'autisme est un enfermement dont on peut sortir par une stimulation basée sur le jeu. «Un enfant autiste a dans la tête les mêmes capacités cognitives qu'un autre enfant de son âge. Les mots sont là mais il ne peut pas les exprimer», explique-t-il. «Certains parlent, d'autres non, certains ont des problèmes moteurs, d'autres pas. Tous ont en partie manqué les étapes initiales du développement de l'enfant entre 0 et 3 ans». La méthode utilisée par l'AEVE, dite des «3i» (pour intensive, individuelle et interactive) a pour but de revisiter ces étapes.
40heures par semaine!
Tout passe par le jeu et une stimulation individuelle, à raison de... 40heures par semaine! Les séances de jeu se déroulent au domicile de la famille, dans une salle de jeu spécialement aménagée, à raison de treize demi-journées par semaine (seul le dimanche matin est laissé à la vie de famille) et cela 365 jours par an pendant trois ans! Tout en ayant conscience du bouleversement que cela entraînera pour eux et leur petit Aloïs, 6 ans et demi, Astrid et Sébastien sont prêts à se lancer dans l'aventure. Les 120 personnes qui se sont proposées hier d'assurer un des 27créneaux hebdomadaires d'uneheure trente le sont aussi. Mais Éric de Labarthe leur a expliqué que pour elles aussi - même s'il y aura des remplaçants - ce sera une aventure. En plus d'assurer semaine après semaine des créneaux d'une heure trente, elles devront à chaque fois réaliser un compte rendu et chaque mois assister à la réunion organisée autour de la psychologue qui va conduire les opérations. Tous y sont prêts, mais Adèle n'a besoin que de 60 compagnons de jeu. Il y aura donc les heureux élus et ceux qui seront reversés sur une liste complémentaire en attendant les premiers abandons. Si Adèle évolue comme Charlie, un voisin de Mériadec, tous se consoleront bien vite en apprenant les progrès de la fillette.

27 mai 2012

26 mai 2012