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Auray

Assainissement. Du pain sur la planche

4 mars 2009

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45MEUR. C'est l'argent investi en2008 dans l'entretien du réseau d'assainissement dans le pays d'Auray. Et ce n'est pas fini. Réglementation, urbanisation: le Syndicat mixte Auray-Belz-Quiberon a encore du pain sur la planche.

«L'assainissement, ça représente un travail et un investissement dont on n'a pas vraiment conscience quand on tire la chasse d'eau». Jean-Michel Belz, le président du Syndicat mixte Auray Belz Quiberon, ne sait plus ou donner de la tête. Sur les treize stations d'épuration que compte le territoire, sept sont à revoir. Avec à chaque fois un investissement conséquent. Plouharnel: 10MEUR. Saint-Philibert: 8MEUR. Brec'h, Mériadec et Plumergat: 2MEUR. Locoal-Mendon et Houat: 200.000 EUR.

Urbanisation gourmande

Des travaux de mise aux normes rendus nécessaires à la fois par l'évolution de la réglementation et le développement exponentiel des constructions dans certains secteurs. «Toutes les stations qui rejettent en eau marine doivent traiter le phosphore. Le seuil des stations concerné est passé en 2008 à 2.000 équivalents habitants, au lieu de 10.000 jusqu'alors», explique Philippe Guillou, directeur du syndicat mixte depuis 1989. Récemment, les élus de Locmariaquer, Saint-Philibert et Crac'h se sont fait taper sur les doigts par les services de l'État. Motif: les capacités d'assainissement de ces communes ne suivent pas leurs velléités de développement. «Jusqu'en 2007, on avait en moyenne 800 à 900 lots supplémentaires à raccorder par an», rappelle Nicolas Mothiron, chargé de la programmation des travaux. Jean-Michel Belz, qui accompagnera les maires des communes concernées, lors d'une réunion à la préfecture, le mercredi 11mars, se demande «comment on va pouvoir s'en sortir». «On attend l'autorisation du préfet pour exploiter la future station de Saint-Philibert et continuer de rejeter l'eau au niveau de la rivière d'Auray. Sinon, il faudra dévier le réseau vers Kerpenhir (pointe de Locmariaquer). Ce qui représente un surcoût de 3MEUR».

Qui peut le plus peut le moins

Le maire de Quiberon sait aussi les spécificités qui pèsent sur les communes du littoral. La capacité de la station d'épuration dernier cri de la commune s'élève à 60.000 équivalents habitants, pour seulement 7.000 habitants à l'année. «On est obligé de dimensionner ces équipements en fonction des pics de fréquentation estivaux, qui ne seront atteints que durant quelques jours, autour du 15août. Avec tous les investissements supplémentaires que ça représente».

Solidarité à sens unique

Pour faire face à l'augmentation des dépenses dans les années à venir, le syndicat mixte aurait bien une solution: appliquer le système de péréquation du prix de l'eau potable à celui de l'assainissement. Mais le Syndicat départemental de l'eau (SDE), qui garantit un tarif unique à tous les abonnés morbihannais, et à qui le syndicat mixte, avec une production d'eau excédentaire, reverse 1,5MEUR par an, n'a pas d'équivalent en terme d'assainissement. «Les deux questions sont traitées à part, alors qu'elles ont tout à voir, puisque l'eau potable devient ensuite eau usée. Étant déficitaire en capacité d'assainissement, on pourrait à notre tour bénéficier de la solidarité départementale».

Rivière du Gouyandeur. Carnac porte plainte

Des riverains excédés, des animaux malades. La rivière du Gouyandeur, qui prend sa source a Ploemel et chemine par Plouharnel et Carnac avant de se jeter au Moulin de Penhoët, dans la rivière de Crac'h, serait polluée par des eaux usées.

Méthode

La commune de Carnac a porté plainte contre le Syndicat mixte Auray-Belz-Quiberon. Selon elle, les stations d'épuration de Plouharnel et Ploemel, et leurs rejets dans le ruisseau, pourraient être en cause. La station de Plouharnel approche de sa capacité maximum. 10M??? sont engagés pour la mettre aux normes et anticiper les futurs besoins, avec notamment l'aménagement de la zone du Suroît, sur la commune de Belz. De là à parler de débordement, il n'y a qu'un pas. «De notre côté, il n'y a pas de problème. On a prouvé que la pollution ne pouvait pas provenir de la station de Plouharnel», assure le président du Syndicat mixte, Jean-Michel Belz, qui regrette la méthode des élus carnacois. «On aurait préféré qu'ils viennent nous en parler avant. ?? terme, cette plainte pourrait nous contraindre à rejeter l'eau de la station dans les eaux de baignade d'Erdeven».

Rejets sauvages?

Selon lui, la pollution du Gouyandeur serait plutôt le résultat de rejets sauvage d'habitations non reliées au réseau. Depuis que la préfecture s'est saisie du dossier, en nommant un médiateur, la commune de Carnac calme le jeu. «On attend désormais le résultat de la médiation. Sur le fond, on s'en fiche de savoir qui est responsable. On souhaite juste qu'une solution soit trouvée rapidement», explique Gérard Marcalbert, adjoint aux travaux de Carnac et président du Syndicat intercommunal d'assainissement Carnac et LaTrinité (SIACT). Les deux communes se sont associées en 1964 pour construire et gérer leur propre station d'épuration, sur le site de Kergouellec. Un appel d'offres a été lancé pour porter sa capacité à 57.000 équivalents habitants, contre 40.000 actuellement, afin d'anticiper les pics de fréquentation estivaux.

En bref

22 communes moins Carnac et LaTrinité-sur-mer Le Syndicat mixte Auray-Belz-Quiberon gère la distribution d'eau potable pour 22 communes du pays d'Auray. En matière d'assainissement, seules les communes de Carnac et LaTrinité-sur-Mer font «bande à part». Elles ont créé en 1964 leur propre syndicat intercommunal, qui gère la station d'épuration de Kergouellec, sur la commune de Carnac. (Lire ci-contre) Une usine d'eau potable à 15M??? La mise aux normes de la vieille usine de production d'eau potable de Tréauray, à Pluneret, nécessite de la reconstruire de l'autre côté de la rivière d'Auray, sur la commune de Brec'h. Le chantier s'élève à 15M???. «L'étude, qui doit être lancée avant l'été, devra notamment prendre en compte la nécessité d'assurer une continuité de service entre les deux équipements», explique Philippe Guillou, directeur du syndicat mixte. La capacité de production de la future usine sera portée à 30.000m³ par jour. Actuellement, elle tourne entre 10.000 et 11.000m³ par jour, avec des pointes à 22.000 en été. Un réseau vieillissant Sur les 5.570km de réseau d'eaux usées, les trois-quarts seraient à changer. Les conduites en fibre ciment, installées dans les années 80, n'ont pas résisté à l'effet des gaz de fermentation. Le programme de renouvellement annuel (3M???) permet de changer environ 10km par an, sans compter les urgences et les travaux engagés au gré des travaux de voirie. Vu la profondeur des canalisations, le coût des travaux est deux à trois fois plus cher que sur le réseau d'eau potable (1.350km). un exploitant soumis à résultat Le Syndicat mixte sous-traite l'exploitation de son réseau à la Saur. La société, présente dans tout le Morbihan, est «soumise à résultat», notamment en matière de traitement des eaux usées. Pour autant, c'est le syndicat mixte qui est propriétaire des équipements (stations d'épuration, postes de relevage, conduites de réseaux), et à ce titre le seul à même d'y effectuer les travaux nécessaires. Une facture d'eau doublée On entend souvent dire que l'eau est plus chère à Auray, alors qu'un tarif unique est fixé par le Syndicat départemental de l'eau. En réalité, c'est l'assainissement qui pèse plus qu'ailleurs sur la facture des abonnés. Pour 120m³ par an, c'est-à-dire la consommation moyenne d'un foyer, il faut compter 575 ???, dont 236 ??? pour l'assainissement.
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«Je me demande comment on va pouvoir s'en sortir».

  • Jean-Michel Belz, président du Syndicat mixte Auray-Belz-Quiberon
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