15 février 2012
Marier l'art et le recyclage... En partant de cette idée et en s'inspirant de vieilles photos jaunies, Myriam Guilloux fait naître des tableaux insolites. Cette touche à tout, ancienne élève des Beaux-arts de Lorient, a d'abord multiplié les activités avec les écoles, puis en «customisant» des objets avant de se lancer dans les portraits de femmes. «Cela s'est imposé à moi comme une évidence lors d'un changement important dans mon existence», a expliqué la jeune femme qui peint sous le nom de Myam. «Je travaille sur du bois de récupération et je m'inspire de photos qui datent des années 1920 à 1970. Puis je les retravaille à ma façon avec des techniques multiples. J'aime jouer avec la matière et j'utilise souvent des peintures de récupération aussi. Ce sont de bonnes contraintes». note Myam. Et cet esprit-là convient très bien à celui d'Emmaüs.
L'art au coeur des boutiques
«Nous invitons des créateurs dans notre boutique tous les deux mois. Le recyclage est une vraie mine d'or pour les artistes et beaucoup s'en inspirent. Ils aiment détourner les objets du quotidien», note Janie Habasque, animatrice de la boutique Emmaüs, vitrine de l'entreprise Retritex. C'est un lieu insolite où il y a beaucoup de passage, un endroit où l'on a peu l'habitude de trouver de la peinture mais qui interpelle. Et Myam s'y sent bien. C'est aussi un lieu qui rappelle toute la symbolique d'Emmaüs, entièrement fondée sur la notion de récupération, de réemploi et de recyclage.
Nouvelles boutiques et nouveaux concepts
Une notion que l'entreprise solidaire Retritex, affiliée à Emmaüs, conjugue au quotidien en offrant un emploi à une cinquantaine de salariés, dont près d'une quarantaine en réinsertion. Créée en 2005 et dirigée par Jean-François Maruszyczak, ancien directeur de la communauté Emmaüs de Rédéné, Retritex ne cesse de se développer et compte actuellement quatre boutiques dans le Morbihan. Dernière en date, celle de Lorient, ouverte en août2011. Et la SARL, qui trie 3.600 tonnes de vêtements par an, ne devrait pas en rester là. «Nous souhaitons poursuivre notre développement en ouvrant d'autres points de vente dans le département, certainement un ou deux autres, fin 2012. Pour le lieu ce sera en fonction des opportunités de locaux. Nous réfléchissons également à plusieurs autres pistes. Un nouveau concept de magasin par exemple, ou la création d'une ligne de vêtements estampillés Emmaüs avec "customisation" ou détournement de produits», lance le dirigeant. «L'idée est toujours de mettre l'homme au coeur du projet, d'accompagner le salarié dans le monde du travail», ajoute Jean-François Maruszyczack.

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