9 octobre 2009
Hier soir, quinze personnes ont obtenu la nationalité française. Ces papiers sont en quelque sorte le sésame qui ponctue la fin d'un long voyage, douloureux parfois.
Mojgan, Maryam, Massoud, Milard, Mickaël, Elena, Vladimir, Nono, Massa, Christ, pour ne citer qu'eux, ont obtenu la nationalité française hier. C'était la première fois que la sous-préfecture de Pontivy accueillait une cérémonie de naturalisation qui se déroule dans un contexte complexe autour de l'immigration, notamment avec la récente et contestée destruction de «la jungle» de Calais.
Les papiers de la main de la sous-préfète
«Bienvenue chez vous», concluait Corinne Chauvin, la sous-préfète lors de son discours. Le chemin a été long pour beaucoup d'entre eux, avant d'obtenir leurs papiers. «J'ai quitté mon pays, Congo-Brazaville à cause des guerres. Mon père a été tué. Alors je suis venu en France pour y chercher ma vie, commence Nono Tekadiomona. Je suis depuis trois ans à Pontivy et ça se passe très bien.» Son large sourire en dit bien plus sur ce qu'il ressent que tous les discours du monde. «Je suis venu en Bretagne pour travailler», finit-il, son fils Christ dans les bras, cherchant du regard Massa, sa femme, qui discute plus loin. Sont présentes dans la salle les quinze personnes ayant acquis la nationalité française dans l'arrondissement de Pontivy, ainsi que les maires des communes où ils habitent. Quatre d'entre elles étaient des réfugiés politiques. Derrière chaque sourire, chaque moment d'émotion se cache une histoire individuelle qui commence par un départ.
Une brève cérémonie
«Nous avons quitté l'Iran il y a bientôt huit ans, raconte Mojgan. Nous avons été obligés de partir pour des questions de sécurité». Ses yeux se remplissent d'une fierté profonde: «Nous sommes très heureux d'être ici, nous sommes en sécurité. Vous savez, c'est vraiment très important d'être dans un pays démocratique, avec un gouvernement qui respecte les droits de l'homme. Je suis fière d'être ici.» Dans sa bouche, les mots droits de l'homme et démocratie prennent une tout autre dimension, ils ont du sens. «C'est important pour moi d'avoir ces papiers, parce que maintenant j'ai l'égalité», souligne Nono. Des avantages et aussi des devoirs qui sont rappelés dans la lettre du chef de l'État qui leur est destinée. La cérémonie a duré une quinzaine de minutes, pendant lesquelles, une lettre du président de la République est lue, puis le discours de la sous-préfète. Quinze courtes minutes, certains d'entre eux sont en France depuis plus de dix ans.
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