14 février 2012
C'est dans la salle du Quartz de Brest et devant un public de plus de 1.500 personnes, que s'est déroulée dimanche, la première manche du championnat des bagadoù de première catégorie. Une manifestation de plus en plus prisée par les amateurs puisque sa retransmission sur un site Internet a tout de même comptabilisé près de 180.000 connections... Un record. Venant de Quimper, de Saint-Malo, de Lorient ou encore de Pontivy, les quatorze bagads ont eu dix minutes pour convaincre les quinze juges. Technique, ensemble, terroir... les jugements ont porté sur différents critères. Habituée de cette compétition, la Kerlenn Pondi, était plutôt satisfaite de sa prestation en sortant de scène. Et pourtant, pour les musiciens pontivyens, les conditions de préparation n'avaient été optimales. Ils ont en effet dû composer avec les coupures de courant durant les répétitions et changer régulièrement de lieux, ce qui n'a pas manqué de générer certains désagréments pour le transport des instruments. «L'arrivée du futur local permettra d'optimiser la préparation», se rassurent les responsables.
Une pénalité finalement retirée
À la proclamation des résultats pourtant, le sang du penn sonneur, Romain Sponnagel n'a fait qu'un tour. «Le président du jury s'était trompé en croyant voir et entendre un lamophone (instrument interdit en concours), à la place du vibratone (percussion de la famille des cloches) que la Kerlenn a utilisé. Il a donc appliqué le règlement à la lettre en imposant une pénalité de 0,5 point!», explique-t-il avant de stigmatiser un règlement devenu, selon lui, obsolète. «Certains instruments, comme le saxophone ne sont pas autorisés. D'autres le sont, mais dans des limites de temps très strictes. Aujourd'hui, les bagadoù sont devenus un modèle d'orchestre populaire dans le monde et nous devons continuer à montrer l'exemple en permettant aux groupes de créer, d'innover et de continuer à avancer dans le sens de la culture et de la musique bretonne», assure Romain Sponnagel.
Progression lente mais régulière
Quoi qu'il en soit, sa réclamation a été entendue par le jury et les points retirés ont finalement été restitués. Du coup, la Kerlenn Pondi a finalement gagné une place pour terminer à la 6e place d'un concours, une fois encore, remporté par le bagad Kemper. «8e il y a deux ans, 7e l'an passé et 6e cette année, nous remontons tranquillement mais sûrement dans le classement», se réjouit le pen sonneur. D'ici le Festival interceltique de Lorient, où se disputera la deuxième manche du concours des bagadoù de première catégorie, la Kerlenn va continuer de travailler sur le répertoire fisel du pays de Rostrenen, qu'elle affectionne particulièrement. Toutefois, si l'association s'est octroyée une année «sabbatique», elle entend toujours privilégier la formation, les concerts les créations et les échanges internationaux.

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