23 janvier 2011
«Lorsqu'un gouvernement viole des droits du peuple, l'insurrection de ce peuple est une nécessité et un devoir». Pour Édouard, cette formule lancée «par nos pères révolutionnaires en 1789, apparaît aujourd'hui encore d'une cruelle actualité». Comme lui, ils étaient près de 200, hier matin, a s'être donné rendez-vous sur la place du Martray, pour s'opposer au projet de loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (LOPPSI 2). Le texte de cette loi qui comporte 48 articles, traite à la fois de la délinquance routière, de la «cyber-pédopornographie», de l'instauration d'un couvre-feu pour les mineurs, de la vidéosurveillance ou encore de l'expulsion d'habitats illicites. Il donne également de nouveaux pouvoirs aux forces de l'ordre et prévoit d'en déléguer aux polices municipales et aux entreprises de sécurité privée.
Pontivy un symbole!
Venus de nombreuses villes de Bretagne, les opposants à cette loi n'avaient pas choisi la cité pontivyenne par hasard! Le conseil municipal vient, en effet, de décider d'installer des caméras de vidéosurveillance dans quatre secteurs de la ville. Si ce mouvement de protestation dépasse largement le débat local opposant les «pros» et les «antis» caméras, le lieu avait tout de même valeur de symbole. Discours, distribution de tracts, discussions, défilé dans les rues ou encore montage provisoire d'une yourte... la manifestation s'est déroulée pendant une partie de la journée, dans une ambiance bon enfant et sans le moindre incident. «Nous avons la désagréable impression que dans ce pays, les lois liberticides s'enchaînent à un rythme inquiétant», regrettait Anne-Marie avant de s'interroger «sur le décalage sans cesse croissant entre le discours qu'on nous sert sur les libertés et le rétrécissement très fort de celles-ci!» De son côté, Gaëtan stigmatise «la résignation des citoyens». Pour lui «après le mouvement de contestation sur les retraites, les gens se demandent si cela sert encore à quelque chose de descendre dans la rue?» Mais qu'importe! En décidant de s'opposer à ce projet de loi liberticide, il affirme adopter «une attitude de résistance et de dignité». À Pontivy, c'est ce que devrait continuer à faire le collectif anti-caméras.
26 mai 2012 à 21h42
26 mai 2012 à 17h59 - 6 réaction(s)