27 novembre 2008
La question du centre d'enfouissement de déchets industriels porté par l'entreprise GDE à Plouray mobilise. Et pour l'association Nature et Patrimoine en Centre-Bretagne (NPCB), c'est cette mobilisation de la population qui paiera.
Mardi soir, plus de 250 personnes avaient répondu à l'invitation de l'association faouétaise Ar Gaouen, à la salle des fêtes.
Magali Diennet, vice-présidente de l'association NPCB, a pu faire un bilan des éléments collectés concernant le projet. « Nous nous étonnons de la démarche de GDE sur ce projet, une documentation a été déposée dans un commerce faouétais, mais les élus, eux, n'ont eu le droit à aucun élément ». « Nous avons tout de même reçu de nombreux soutiens. Quinze communes ont pris des délibérations contre le projet ».
Pierre Pouliquen, conseiller général, absent de la réunion, avait apporté son soutien. Il a été rejoint par de nombreux élus présents mardi, ceux-ci signalant qu'ils allaient, eux aussi, prendre position contre le projet, entraînant les applaudissements du public.
Magali Diennet a souligné l'importance de la mobilisation : « Nous avons, depuis cet été, réussi à obtenir beaucoup de choses en se mobilisant. Que ce soit le projet de carte communale pour Plouray ou encore l'arrêt des forages sur le site, ce sont le fait de la mobilisation citoyenne. Avec l'engagement de tous les habitants, le projet ne verra pas le jour à Plouray ».
150.000 tonnes de résidus
de broyages automobiles
Invité à présenter l'entreprise GDE et ses différents projets, René Hamel, consultant en risques industriels et membre de l'association de techniciens Oreeat, à l'origine des démarches autour de la décharge sauvage de Versainville, près de Falaise, a dressé un portrait peu flatteur de l'entreprise. « L'association régionale Oreeat suit le fonctionnement de « la pieuvre GDE » depuis plus de dix ans. Avec des experts en géologie, en hydrologie, elle dispose de consultants en France, en Belgique ou en Roumanie, où GDE gère les déchets industriels. La pollution du chimiquier Probo Koala, bateau affrété par Trafigura, la compagnie dirigée par Claude Dauphin (*) a causé la mort de huit personnes et intoxiqué plusieurs milliers d'autres personnes à Abidjan. Aujourd'hui, on ne sait pas gérer les résidus de broyages automobiles (RBA) sauf à utiliser une torche à plasma. Et ce type d'équipement, coûteux, n'est pas prévu dans le projet de Plouray, ni dans aucun des autres projets portés par GDE à Guémené-Penfao ou Montoir-de-Bretagne. GDE cherche aujourd'hui à s'implanter sur de nombreux terrains pour résorber un stock de RBA estimé à 150.000 tonnes. Au vu de la façon dont GDE gère l'environnement ailleurs, vous pouvez vous faire des soucis », conclut l'expert. L'association NPCB appelle donc la population à se mobiliser en interpellant les membres des conseils municipaux. « À nous de montrer que nous tenons à conserver un cadre de vie agréable et en bon état pour les générations futures. La mobilisation paiera », concluait la vice-présidente de l'association.
Forte de ses 260 adhérents et d'une pétition qui compte à ce jour plus de 7.500 signatures, l'association continuera à être vigilante sur le dossier.
(*) Claude Dauphin est P-DG ou actionnaire des sociétés Guy Dauphin Environnement (GDE), Ecore, Malco et Puma.
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