26 juin 2009
Près de 250 fondeurs ont déversé leur colère hier, à Plouay, Lanester et Lorient. À chaque fois, ils ont pris pour cible les façades des mairies à coup de jets d'oeufs et de peinture. À travers ces actions de force, ils entendaient dénoncer «l'immobilisme» des élus. «On a l'impression d'être abandonnés depuis février.» Mais ils voulaient aussi afficher leur détermination à la veille de la table ronde qui doit les éclairer sur l'avenir encore incertain de la fonderie.
«Les constructeurs ont besoin de la SBFM»
Ce matin, la CGT et la CGC espèrent mobiliser l'ensemble des 534 salariés de la SBFM. Cinqcars ont été affrétés au départ de l'entreprise pour rallier la préfecture à Vannes. Même si CIE Automotive, le repreneur potentiel, a confirmé son absence, cette réunion est pour beaucoup d'ouvriers celle de la dernière chance avant la décision du tribunal de commerce de Lyon mardi prochain. «Les constructeurs automobiles ont besoin de la SBFM avec ou sans CIE», martèle René Le Bourvellec, le secrétaire du comité d'entreprise. Et les nombreuses approches, mercredi et jeudi, des représentants de BMW venus négocier, en vain, le déblocage de 1.500 pièces confirment cette position encore stratégique. Mais plus le temps passe, plus les patiences s'amenuisent. «Lesnuits sont courtes. On n'a plus besoin de chercher le sommeil puisqu'il ne viendra pas. Onveut enfin être fixés sur notre sort», confie un salarié.
Journée de tous les dangers
«Si les salariés n'obtiennent pas de réponse lors de cette réunion, ils prendront leur responsabilité», prévient René Le Bourvellec. Une odeur de soufre flotte déjà sur cette journée de tous les dangers à Vannes. D'ailleurs les forces de l'ordre ont reçu le renfort de deux compagnies de CRS (environ 150 hommes) pour assurer la sécurité aux abords de la préfecture. «N'oublions pas que la peur est du côté des ouvriers qui craignent de perdre leur emploi. Mais s'ils déclarent la guerre sociale on sera là», tonne Pierre Le Ménahès, le délégué syndical CGT. «Qu'ils fassent attention, si le tribunal de commerce prononce la liquidation, la lutte ne sera pas finie. Ils ne récupéreront pas une seule vis!» Les ouvriers menacent d'ores et déjà de refondre les pièces usinées nécessaires au fonctionnement de nombreuses chaînes de montage. «On ne veut pas tomber dans les oubliettes de l'histoire sociale!» La réunion de ce matin devrait préciser si la SBFM s'en approche ou pas.
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