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Prison. «Les mesures annoncées sont insuffisantes»

8 mai 2009

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Ils n'en peuvent plus. Hier, les gardiens de la prison de Ploemeur ont une nouvelle fois bloqué l'entrée de l'établissement. Ils estiment insuffisantes les avancées obtenues.

Les journées se suivent et se ressemblent à la prison de Ploemeur. Hier, les gardiens ont à nouveau bloqué l'accès à l'établissement. Et ce ne sont pas les avancées obtenues la nuit précédente qui ont calmé leur colère. «On nous annonce 174 postes supplémentaires en 2010 pour 180 prisons en France, cela ne fera pas un surveillant par prison, il faut arrêter», s'emporte Thierry Meudec, délégué syndical de l'Ufap. Hier, comme les jours précédents, le personnel du centre pénitentiaire a bloqué les extractions de détenus et empêché l'accès de la prison aux avocats. S'ils ont l'intention de lever le mouvement pendant ce long week-end du 8mai, ils n'excluent pas de le reprendre dès lundi car les gardiens sont ulcérés par leurs conditions de travail.

Pas de toilettes dans les miradors

«En 2002, on nous avait promis des miradors rénovés. Nous attendons toujours. Il faut quand même savoir que c'est un espace sans toilette. Vous imaginez pour le personnel féminin». Et le rythme de travail? «Avant nous avions un week-end par mois en repos, aujourd'hui c'est un sur sept. Certains en avril et mars n'en ont eu aucun», témoigne un gardien. «Et on ne parle pas des heures supplémentaires», ajoute un autre. «En l'espace de deux mois, j'ai accumulé 84heures supplémentaires. Depuis début mai, j'en suis déjà à six heures». À partir de juillet, et cela fait partie des avancées obtenues, le personnel pénitentiaire aura le choix entre se les faire payer ou les récupérer. «Ce sera difficile. Si tout le monde décide de récupérer, on sera obligé de fermer la prison».

340 détenus pour 199 places

À cela il faut bien évidemment ajouter les conditions de détention. «Nous sommes 101 surveillants pour théoriquement 199places, mais aujourd'hui nous atteignons les 340 détenus. Dans les cellules prévues pour une personne, ils sont deux et dans les doubles, ils sont quatre». En ce début de printemps, le personne craint également de voir grossir les effectifs avec le transfert de prisonniers issus des centres de la Roche-sur-Yon et Fontenay-Le Comte, déjà surchargés. «Dans ces conditions, on ne peut pas assurer nos missions de réinsertion. Ici, on ne gère que l'urgence. Le personnel est fatigué, cela rejaillit forcément sur nos vies de famille. Alors, vous comprendrez que les mesures annoncées sont insuffisantes. C'est juste une goutte d'eau». À l'évidence à Ploemeur, le personnel n'a pas l'intention de relâcher la pression, même si ailleurs en France, certains étaient enclins à lever le pied.

  • Laurent Marc
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