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Pôle emploi. Des salariés en colère

21 octobre 2009

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Les agents Pôle emploi du bassin de Lorient étaient en grève hier. Une mobilisation répondant à l'appel national pour protester contre la dégradation de leurs conditions de travail.

«On a peur d'être à l'accueil, d'aller travailler le matin, les insultes sont régulières», lance une salariéeex-ANPEdu Pôle emploi. Le ras-le-bol est le même pour tous ces agents Pôle emploi des agences du bassin de Lorient. Ils étaient hier rassemblés au Pôle emploi de Lanester. Un appel à la grève reconductible, d'envergure nationale, a été lancé. Objectif: protester contre les conditions de travail «insupportables» depuis la fusion des agences ANPE et Assedic en janvier2009.

Ex-ANPE et ex-Assedic: même combat

Les raisons de la colère viennent principalement des conséquences de la fusion. Du jour au lendemain, à Lorient Dumont (La Découverte), une quarantaine d'agents ont été regroupés dans une structure faite pour quinze personnes. L'agence du centre-ville a, elle, été fermée au public. 690 m² sont utilisés par seulement cinq salariés du Pôle emploi. La mobilité des agents de placement (ex-ANPE) et d'indemnisation (ex-Assedic) est devenue monnaie courante. «Je passe mon temps à me déconnecter. Je change de bureau, je tourne entre plusieurs agences, par demi-journée», explique une ?ex-Assedic?.

Une situation de crise

«Rien n'a été anticipé», voilà le sentiment général partagé par tous les salariés, mais aussi par les chômeurs eux-mêmes. Certains, très mobilisés et regroupés en syndicat, étaient présents hier matin devant le Pôle emploi de Lanester. «On veut que le Pôle emploi nous ouvre ses portes et qu'on stoppe ces plates-formes téléphoniques», explique Cécile, sans emploi. Une revendication que comprennent les salariés eux-mêmes: «On comprend leur colère, elle est légitime, mais les gens ne sont pas au courant de notre situation, nous sommes impuissants», avoue une salariée.

Un mois et demi avant d'être indemnisé


«En moyenne, on a 150 à 180 dossiers d'actifs à traiter», explique une salariée. Impossible de gérer tous ces dossiers au cas par cas. Les délais d'attente se font donc très longs. On compte en moyenne, à Lorient, trois semaines d'attente pour un rendez-vous, quatre semaines pour qu'un dossier soit traité et quatre mois pour obtenir un rendez-vous individuel. «L'objectif est donc d'envoyer des demandeurs d'emploi vers des prestataires privés, pour des bilans de compétences, par exemple. Ils font le même travail mais coûtent très cher et c'est le contribuable qui paye», constate un agent. Les incohérences et les inquiétudes sont légion. L'assemblée générale a permis de réfléchir sur les actions à mener. Si la grève n'est pas reconduite, une action est prévue au Pôle emploi de Lanester, jeudi.

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«On a peur d'être à l'accueil, d'aller travailler le matin, les insultes sont régulières»

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