22 novembre 2009
Ils ont pris pour cible l'Ariso cargo panaméen chargé de soja OGM, avant de rendre visite à un hypermarché lanestérien. Hier, les faucheurs volontaires d'OGM ont mené une opération coup de poing. Étienne Raphaël, le porte-parole, s'explique.
En empêchant le déchargement de 46.500t de soja transgénique arrivés au port de commerce, quel était l'objectif de votre opération?
Il s'agissait de dénoncer le manque de traçabilité des OGM. Du quai, où le soja est débarqué, à l'assiette du consommateur, on perd leur trace. Sans étiquetage, les consommateurs n'ont pas le choix, on les prend en otage, alors que beaucoup ont un doute. Cela pose un problème de démocratie et cela va bien au-delà du simple débat pour ou contre les OGM.
Pourtant, l'Europe impose un étiquetage pour tous les produits qui contiennent des OGM?
C'est vrai pour tous les produits qui contiennent un ingrédient végétal avec plus de 0,9% d'OGM. En dessous, ce n'est pas obligatoire. En revanche, cela ne s'applique pas aux produits issus d'animaux, comme le lait, la viande ou les oeufs, qui ont consommé du soja transgénique. C'est une grande supercherie.
Vous dénoncez le manque de traçabilité d'autant plus que le soja OGM véhicule des pesticides?
Le soja qui devait être débarqué au port de commerce est modifié pour résister aux pesticides. D'autres variétés de soja contiennent elles-mêmes un pesticide, en même temps que l'on vend la semence, on vend le pesticide. Cela concerne 99% de la production mondiale de soja.
Après le port de commerce pourquoi vous êtes-vous rendus dans un hypermarché?
Au supermarché, nous sommes venus avec un sac acheté dans une coopérative. Sur ce sac, il était stipulé qu'il contenait du soja OGM. Mais c'est la dernière fois que cela est mentionné. En aval, sur l'étiquette d'un morceau de gruyère, par exemple, il n'est pas noté qu'il y a des traces de soja ayant reçu des pesticides. Or, en moyenne, le soja subit entre trois et cinq traitements. Encore une fois, il s'agissait de pointer du doigt l'opacité qui règne dans la chaîne alimentaire.
Vous avez obtenu un rendez-vous à la direction générale de l'alimentation. Qu'en attendez-vous?
C'est une première pour nous. Une nouvelle fois nous avancerons nos arguments. Pour l'instant, on se fout de nous. Cela peut être dangereux. Les gens ont besoin de savoir. Et si nous ne sommes pas entendus, nous continuerons nos actions.
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