6 janvier 2012
Au rythme de sifflets stridents et d'une voix plus habituée à appâter le chaland devant les manèges qu'à hurler des slogans de manifestation, le cortège s'est élancé à 15h30. Sitôt les représentants des forains sortis de la mairie. Sans surprise, la réunion destinée à faire le point sur le déroulement de la fête (1), n'a pas répondu à leurs attentes. L'avenir de la fête foraine en 2013 n'a quasiment pas été évoqué. En décembre prochain, les forains réinvestiront la place Jules-Ferry. Probablement pour la dernière fois puisque d'importants travaux y sont programmés en 2013. Le maire a déjà évoqué une incompatibilité avec les futurs aménagements. Les forains, eux, ne veulent pas entendre parler de déménagement, même dans un rayon de 300m à 400m comme cela leur aurait été suggéré. Ils se mobilisent pour demeurer en centre-ville, à proximité des commerces et de l'espace Nayel.
Pas au quai Jean-Bart
«À la fin de cette réunion, nous avons lancé le sujet pour dire qu'à 300 mètres, il n'en était pas question, explique Martial Gouin, délégué du syndical national des industriels forains. Selon nos déductions, on va nous proposer le quai Jean-Bart. Il faudrait que l'on soit plus proche. Et plus proche, il n'y a pas de site assez grand. J'ai demandé s'ils avaient le projet d'abattre le stade ou des bâtiments. Nous pouvons très bien être présents dans le futur parc sans abîmer. À Paris, nous sommes bien au jardin des Tuileries. Cela fait un an que nous réclamons les plans. La municipalité n'a pas la volonté de nous intégrer à ce projet». Gilles Ricordel et Yvon Hoffmann, de la confédération intersyndicale de défense et union nationale d'action des travailleurs indépendants, branche foraine, sont également remontés. «Quai Jean-Bart, on n'en veut pas! Il nous faut une assurance, par écrit, de rester place Jules-Ferry. Pourquoi défaire de l'acquis? Regardez à Morlaix, on nous a fait partir du centre pour nous y faire revenir six ans après». Dans le cortège, Jacques Chabrenot, 82 ans, suit le mouvement. Il est l'un des plus anciens forains de la place. Et pas le moins véhément. «Après guerre, j'ai connu Chazelles, Bisson, la place Aristide Briand, les baraques... Vraiment la place Jules-Ferry, c'est l'idéal. On ne gêne personne. Le maire nous dit qu'elle ne serait pas assez solide, mais cela fait 100 ans que ça tient. Nous n'esquinterons pas le lieu. Si on nous l'interdit, nous nous y mettrons quand même. Il faut trouver une solution».
De retour si pas d'accord écrit
À l'arrière, les frères Massé ont poursuivi la récolte des pétitions. Ils en sont à près de 2.000 signataires pour le maintien de la fête sur le site actuel. «Tout le monde est pour nous, les commerçants, les passants» assure Baptiste. Benjamin enchaîne. «Aujourd'hui, c'est une manifestation simple pour que l'on nous prenne au sérieux. S'il le faut, nos camions de 20 tonnes viendront en centre-ville. Pour nous ce n'est pas compliqué de bloquer une ville. On l'a fait à Saint-Malo». Martial Gouin tempère. «Nous ne voulons pas en arriver là, on souhaite juste avoir le droit de travailler. Nous défendons notre profession». Après leur tour en ville, les manifestants se sont rassemblés devant l'entrée de la mairie et se sont entretenus avec un chef de service. Ce dernier a désormais pour mission de trouver un rendez-vous avec Norbert Métairie avant vendredi soir. «Avec un écrit sur lequel il s'engage à ce que l'on reste au parc Jules-Ferry, lance Martial. Sans écrit, on reviendra avec des véhicules».
(1) Contacté, le cabinet du maire nous a fait savoir que le maire avait déjà rencontré les forains et qu'il s'agissait d'une réunion annuelle avec les services sur laquelle il n'y avait pas matière à communiquer.

27 mai 2012