Natura 2000 maritime. Cap l'Orient veut garder la main
Le conseil de Cap l'Orient a rejeté hier le projet de périmètre de protection Natura 2000 maritime proposé par l'Etat autour de Groix. Le débat fut nourri.
Comme l'ont fait dernièrement certains conseils municipaux de l'agglomération, le conseil de Cap l'Orient a voté contre le projet d'extension en mer du réseau Natura 2000 autour de l'île de Groix. Il ne s'agissait pas de voter contre la protection de la nature, mais contre le périmètre proposé par l'État et jugé trop restreint.
Une zone de clapage des boues de dragages inclue dans le périmètre, la zone concernée par le projet d'extraction de sable par les Ciments Lafarge exclue, une coupure entre Groix, Belle-Ile, Houat et Hoedic, des incohérences qui ont été soulevées par le rapporteur, Jean-Paul Aucher.
Concertation ?
Pour les élus, il y a un manque évident de bases scientifiques, tout comme de concertation : « Nous n'avons eu que deux réunions à Rennes et à Lorient », a souligné le maire de Groix, Éric Régénermel qui a aussi démonté pièce par pièce le projet : « Sur la carte on constate, par exemple, que le récif rocheux s'arrête brutalement à l'ouest de la bouée des Chats, alors qu'il court bien plus à l'est. Toutes les communes de Cap l'Orient sont concernées par ce projet incohérent ».
« Protégeons oui, mais ne sanctuarisons pas », a insisté Thérèse Thiéry, maire de Lanester.
Pour le maire de Ploemeur, Loïc Le Meur, « ce dossier a été mené dans la précipitation par les services de l'État ». Il a souligné au passage que l'association nationale des élus du littoral était très inquiète de ces projets sur l'ensemble de nos côtes.
« À notre rythme »
« Ni à la hâte, ni à la hache. La méthode employée par l'État est à revoir », a renchéri Thierry Goyet, élu de Lorient ; quant à François Aubertin, maire de Guidel (il s'est abstenu ainsi que l'un de ses élus, alors qu'un troisième votait contre l'avis de Cap l'Orient), il préférait attendre le résultat d 'éventuelles études scientifiques.
À l'issue de ce débat, le président Norbert Métairie a rappelé l'engagement de Cap l'Orient dans une politique de protection des espaces littoraux : « Conscients de l'équilibre nécessaire entre économie et écologie, nous avons tout intérêt à prendre ces dossiers en main. Continuons le travail engagé mais à notre rythme, pas à celui que l'on veut nous imposer ».
Un compte positif
Ce conseil fut aussi l'occasion pour les élus d'approuver le compte administratif de l'an passé qui se solde par un résultat net global de plus de 23 M€, garantissant les capacités d'autofinancement de l'agglomération qui a du, néanmoins, réduire la toile des investissements au vu des subventions atteignant à peine 30 % aujourd'hui.