22 septembre 2009
80 producteurs de lait en grève se sont retrouvés, hier, dans un champ à Pont-Scorff. Manifestation pacifique dans le cadre de la grève du lait. Le directeur de la laiterie Lorco est venu à leur rencontre.
«On a un moral d'enfer. On essaye de nous faire croire qu'on n'est pas nombreux. Les transformateurs annoncent qu'il n'y a que 7% de grévistes, mais le ministère, lui, parle de 40 à 50%. On le voit ici aujourd'hui, on commence à voir des têtes qu'on ne voyait pas au départ.Le mouvement prend de l'ampleur. Des signes laissent penser que les laiteries commencent à manquer de lait». Les producteurs de lait en sont à leur dixième jour de grève, mais remontés comme au début. 80d'entre eux étaient rassemblés, hier, dans un champ à la sortie de Pont-Scorff. Comme un peu partout en Bretagne, une action était prévue pour se faire entendre. Une vingtaine de tracteurs et de tonnes à lisier alignés en guise de toile de fond, une buvette dans un coin, il s'agissait pour eux d'échanger les informations et de rencontrer le directeur de la laiterie Lorco, à Pont-Scorff.
8 Ã 10% de collecte en moins
«On veut une Opep du lait», résumait Thierry Limes, producteur de lait à Clohars-Carnoët. «On se sert de nous comme barrière d'ajustement. J'ai été payé 272 EUR par tonne de lait en septembre (1). On veut rappeler aux laiteries que l'offre, c'est nous». C'est ce que les agriculteurs ont dit à Denis Gogo, directeur de la coopérative Lorco qui, après avoir reçu une délégation dans les locaux de la laiterie, est venu à la rencontre des grévistes dans le champ à la sortie de Pont-Scorff. Sa laiterie a enregistré depuis le début du conflit, une baisse de 8 à 10% des collectes.
La panade du marché du lait
«On nous parle de réactivité des prix, mais on est payé au ras de pâquerettes. La réactivité des
prix profite toujours aux transformateurs. Quand les prix remontent, on n'en profite pas. Mais quand ils baissent...», dénonce un agriculteur. «La coopérative, c'est l'entreprise des adhérents. On est dans la même barque. C'est la panade sur le marché du lait. La filière lait ne peut pas être gérée par un système totalement libéral», répond Denis Gogo. «C'est quoi l'avenir?» interrogent les producteurs. «On annonce 180 à 210 EUR la tonne de lait début 2010. Il ne restera plus personne. Nous, on veut des choses claires et simples». Les choses claires et simples, le directeur de la Lorco n'est pas en mesure de les leur apporter. La résolution du conflit n'est pas à l'échelle de Pont-Scorff et les producteurs de lait qui suivent le mot d'ordre de grève de l'European Milk Board, via l'Association nationale des producteurs de lait indépendants (Apli) le savent eux aussi. Hier soir, à l'issue de ce rassemblement, ils entendaient maintenir leur mouvement.
1) Alors que le prix de revient est fixé à 320 EUR la tonne et que les agriculteurs demandent à être payés 400 EUR.
«On veut une Opep du lait».
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