25 mai 2009
Depuis le 1erjanvier, la gare de marée située sur le port de pêche a changé de propriétaire et, par là même, d'organisation. De jour comme de nuit, la noria de camions débarque du poisson frais, qui repart ensuite transformé. Visite des lieux.
«Ici, c'est Rungis en 50 fois plus petit. C'est le carrefour de la vente». Il est 22h, Roger, le chef d'équipe, un paquet de feuilles dans une main, un crayon dans l'autre, lance ses ordres à une vingtaine de manutentionnaires qui manipulent une quantité impressionnante de caisses de marée. Arrivage du soir à la gare de marée du port de pêche de Lorient: 4.000 boîtes de 30kg, soit 120 tonnes à débarquer. C'est l'équivalent de la pêche d'une marée du Jack Abry, un des trois gros chalutiers de 44mètres de la Scapêche. Le poisson a été débarqué par le chalutier à Lochinver, en Ecosse. Les camions sont partis le lundi matin d'Écosse, ont traversé la Manche au départ de Portsmouth, ont débarqué à Caen, pour arriver à Lorient mardi soir. Selon le bon vieux principe inventé par les Lorientais du débarquement en base avancée.
Décharger le plus vite possible
Sept d'entre eux présentent leur «cul», chacun leur tour à l'une des douze portes de la gare, dévolues à l'activité de la Compagnie d'exploitation du port (Cep), gestionnaire du port de pêche. Le but du jeu est de débarquer le plus rapidement possible les camions, pour que le poisson soit trié le plus vite possible. «Pendant le trajet en camion, il est déjà vendu», explique Yves Guirriec, directeur du port. «Toutes les caisses sont débarquées en vrac. Il nous faut les répartir par lot, selon les acheteurs». C'est Roger qui dirige la manoeuvre. Il faut 50 caisses de lieu noir, de telle taille, telle qualité pour tel mareyeur, dix caisses de lotte pour tel autre. Les dockers déplacent les caisses, pour que chacune arrive à la bonne adresse. «On attribue un code-barres sur lequel figurent la taille, la présentation, la qualité, le poids, les noms de l'acheteur et du bateau, la date de la vente», ajoute Yves Guirriec.
Entre 15 et 20 camions en une nuit
En une nuit, entre 15 et 20camions peuvent décharger le poisson pêché par les Lorientais à l'ouest ou au nord de l'Écosse. Le contenu de certaines caisses, qui viennent de bateaux plus petits, n'est pas trié du tout. Celles-là partent vers la criée nº2 pour être triées par les ouvriers de la Cep. Depuis le 1erjanvier, la gare de marée, auparavant propriété de la Chambre de commerce et d'industrie, est retombée dans le giron de la Société d'économie mixte Keroman, concessionnaire du port de pêche. Cette dernière laisse à disposition de la Cep, douze des 36 portes, soit 1.000m² pour décharger et séparer les caisses de poisson par lot. Les 24 autres portes sont attribuées à des transporteurs (Delanchy, Express Marée, Bohéral ou Guiffaut) qui viennent chercher le poisson transformé dans les ateliers de marée, et repart emballé dans des caissettes pour alimenter les rayons poisson de France. Ces camions-là partent le matin, après la vente. Les départs s'échelonnent toute la matinée. La gare de marée a été construite il y a 20 ans. Un programme de travaux de 1,5MEUR est prévu pour la rénover.
«Ici, c'est Rungis en 50 fois plus petit. C'est le carrefour de la vente»
Brest ville. Anchois abondant. Des chalutiers de La Turballe déchargent à Brest
Douarnenez ville. Pêche. Encore des tonnes d'anchois débarquées
Dialogue. Albert Jacquard répond aux jeunes Lorientais
Alimenterre. L'agriculteur sénégalais témoigne
Fête de l'Huma. Un débat sur la politique industrielle
Rencontre. Peter Butler et Alain Bernard, jazzmen
Qualité. Quand les commerçants se mettent à la place du client
Parkinson. Des dîners-débats tous les mois
Coffee Road. Nouveau patron, nouvelle ambiance
Maison. Multiyaya, la rénovation de A à Z
Si on sortait
Sur votre agenda
A savoir
Aujourd'hui
Restructuration à Plastimo. Les négociations se poursuivent