3 février 2012 - 1 réactions
En mars2011, votre association, qui visait le volet hôtelier du projet, n'avait pas déposé de recours contentieux auprès du tribunal administratif de Rennes. Pourquoi?
Nous nous sommes désistés car nous avions eu l'assurance que le permis allait être attaqué. Il n'était pas utile de multiplier les frais. Nous étions derrière le requérant, nous avions travaillé sur le dossier et l'avions assuré de notre appui. Nous sommes donc très déçus. J'ai cependant du mal à en parler car on ne connaît pas les raisons de ce désistement.
Avez-vous l'impression d'avoir été trompés?
Non, je pense que ce monsieur a de bonnes raisons. Mais nous avons de vifs regrets, c'est certain. Nous aurions pu avoir une décision qui aurait fait jurisprudence sur la loi Littoral. Nous aurions su comment un tribunal interprétait la présence de nombreux pavillons en lotissement, sans qu'ils constituent un village. La continuité était-elle acquise ou pas? C'est un point qu'il fallait éclaircir d'urgence afin d'éviter la multiplication des recours. Dans d'autres régions de France, il existe déjà des jugements qui portent jusqu'à 300 maisons, comme auprès de la cour d'appel de Bordeaux. Elle a considéré que ce n'était pas un village.
Conséquence de ce désistement, l'affaire ne sera pas jugée sur le fond.
Le tribunal ne va même pas donner son avis alors que des magistrats ont travaillé dessus. Quel regret. Tout cela aux dépens des zones humides. Il y a également à Ploemeur un projet de déviation routière entre le Mourillon et Ploemeur. 7.000m² de zones humides vont sauter. La disparition de ces surfaces est catastrophique.
Avec Xavier François, ces considérations sont passées en second plan?
Je ne me prononce pas là-dessus, je ne connais ni les tenants ni les aboutissants de sa réflexion. Je vois seulement qu'il va y avoir un hôtel en bord de route. Et c'est le centre d'entraînement qui lui donnera la continuité. L'urbanisation va donc se poursuivre. Je n'épilogue pas sur M.François. Je dis juste que nous, Amis des chemins de ronde, avons été imprudents. Nous aurions dû engager le recours. J'ai des regrets. Mais nous avions d'abord rencontré l'association, la première à s'être défaussée. C'est plus à elle que l'on doit en vouloir, elle devait défendre l'environnement et aller jusqu'au bout. C'est une affaire qui se termine tristement.
Avez-vous rencontré Xavier François?
Il y a seulement eu des échanges téléphoniques entre nous. Il a poussé jusqu'au tribunal pour aller au bout de ses convictions environnementales. Là, il rejoignait notre point de vue. L'environnement a été desservi dans cette affaire. Et pas seulement par M.François mais par tous les acteurs locaux. Ont-ils eu peur? C'est difficile de défendre l'environnement, les maires veulent tous développer leurs communes et n'hésitent pas à utiliser tous les moyens de pression. C'est ainsi qu'ils font taire leurs adversaires.
D'autres recours sont-ils possibles?
Le permis d'aménager est acquis. On peut toujours porter plainte, le procureur devra demander son avis au tribunal administratif qui ne l'a pas donné. Mais les procureurs classent les plaintes pour environnement car elles sont le dernier de leurs soucis. Nous envisagerons toutes les possibilités.
(*) Délestés du recours contre le permis de construire, les travaux du centre de vie pourraient débuter au printemps. Contacté hier après le désistement de son client devant le tribunal administratif de Rennes, Me Henri Allain n'a pas souhaité commenter les raisons du recul de Xavier François.