15 juin 2009
La prise de conscience ne date pas d'aujourd'hui. Cela fait six ans que le développement durable entre pas à pas dans le festival lorientais. «C'est dans l'esprit du Festival interceltique de défendre la diversité culturelle. Il nous paraissait naturel d'établir un pont avec la défense de la biodiversité», explique CédricGuillotin, l'un des administrateurs du Fil. Concrètement, les petites touches se sont imposées au fil des années: partenariat avec la CTRL pour la mise en place de navettes bus et bateau et avec la SNCF pour des trajets aller-retour en TER à 10 EUR, mise en place d'un suivi énergétique, installation d'un village solidaire...
14 festivals bretons
«Avec cinq festivals bretons, on s'est mis autour d'une table pour échanger nos idées. On est arrivé à l'établissement d'une charte régionale en novembre2007. Là,elle vient d'être encore améliorée et elle sera signée pendant l'été par 14 festivals». Une charte qui s'appuie sur l'Agenda 21 régional, avec des engagements qui portent sur la collecte sélective, les supports de communication, la promotion du bio, la réduction des déchets, lestoilettes sèches, l'accessibilité aux personnes handicapées...
Un emploi contractualisé pendant quatre mois
À Lorient, ces déclinaisons sont de plus en plus visibles au fil des éditions. Et cette année encore davantage avec la contractualisation du poste de coordinatrice développement durable de Virginie Besnard, pendant quatre mois, et le recrutement de cinquante bénévoles. Dans les actions visibles, le tri sélectif, en partenariat avec Cap l'Orient, est devenu une figure imposée du village celte, le plus important site de restauration du Fil. Les gobelets en plastique sont également récupérés dans les bars du festival et valorisés... «Mais nous avons encore d'énormes progrès à faire», explique Virginie Besnard. «En 2008, seulement 13 tonnes de déchets ont été valorisées sur les 110 tonnes produites pendant les 10 jours de fête», explique-t-elle. «Cela montre que nous devons continuer à travailler sur le sujet et renforcer notre dispositif».
Toilettes sèches : la preuve par l'exemple
Testés l'an dernier sur le village solidaire, les gobelets réutilisables et lavables vont ainsi être expérimentés au mois d'août à plus grande échelle sur plusieurs sites. Quant aux toilettes sèches, elles seront encore plus nombreuses puisqu'une douzaine seront installées cette année et mises en valeur. «C'est un symbole. Elles sont parfaitement intégrées et on n'a pas envie de les cacher», explique Virginie Besnard, qui organisait, samedi, une première formation pour ses bénévoles sur le sujet (lire ci-dessous). «Promouvoir les toilettes sèches ici, c'est promouvoir aussi leur usage domestique et faire la preuve par l'exemple. C'est un message positif que l'on fait passer». Le Village solidaire participe bien évidemment à cet effort collectif et à cette sensibilisation des festivaliers avec des animations sur la pêche responsable, le tourisme solidaire, l'habitat alternatif mais aussi l'agriculture, la biodiversité... «On table sur l'information ludique pour faire passer les messages», souligne Gwaldys Delaval, sa présidente. «C'est un travail de longue haleine et nous sommes encore loin du 100% développement durable», précise Cédric Guillotin, «mais nous souhaitons que les actions que nous menons soient durables dans le temps».

27 mai 2012