27 janvier 2012
C'est désormais une tradition. Chaque année, le panel de contrôles obligatoires sur les automobiles de plus de quatre ans est renforcé par décision du Ministère des transports. Courant décembre, tous les centres de contrôle ont ainsi reçu la liste des réjouissances. Cette année, sept points impliquent désormais une contre-visite en cas de défaillance. Une nouveauté pas forcément bien digérée par les consommateurs, mais aussi les garagistes. «Comme d'habitude, on découvre en même temps que les clients les nouveautés. Ça change tous les ans, et tous les ans c'est le bordel!», râle-t-on ainsi à Autovision, à Lorient. Cette sévérité accrue incite à l'inquiétude les automobilistes, certains ayant devancé l'appel pour réaliser leur contrôle en décembre, et ainsi diminuer les risques d'une contre-visite. Et au passage, éviter d'avoir à subir une hausse des tarifs pratiqués par les centres qui ne manqueraient pas de profiter de l'occasion pour pousser leurs tarifs à la hausse, comme l'ont annoncé de nombreux médias autour du 1er janvier.
«Nouveautés justifiées»
Sauf que pour une fois, les automobilistes ont eu la bonne surprise de ne pas voir la facture grossir avec le changement d'année. «Fondamentalement, ça ne change pas notre façon de travailler. Ça nous demande un petit peu de temps en plus, mais passer de 118 à 124 points de contrôles, ce sont des broutilles qui ne justifient pas d'augmenter les tarifs», explique ainsi Laurent Guyomar, chef de centre à Sécuritest ACO, à Lorient. L'homme estime ces ajustements plutôt justifiés. «Ce n'est pas toujours le cas. Certaines années, on a plus l'impression que c'est pour faciliter le travail de la police, comme pour la lisibilité des plaques d'immatriculation. Mais là, imposer une contre-visite pour un problème de fixation ou de rotation des roues, c'est normal. Sur certaines voitures, on se demande comment les roues tiennent!». Même son de cloche au Contrôle technique de Kerpont, à Caudan. «On va peut-être passer 10 minutes de plus sur les contrôles, mais c'est souvent une question de sécurité. Un exemple: le réglage des feux antibrouillards. Quand on roule la nuit et qu'on les a dans les yeux, c'est compliqué. Lors d'un contrôle sur deux, ils sont mal réglés. Et sur certains modèles, les réglages d'usine sont déjà mauvais...».
«On voit moins de poubelles»
Il est par contre trop tôt pour savoir si cette nouvelle liste va augmenter le nombre de contre-visites. Mais il semble que les véhicules anciens, bien entretenus, s'en sortent mieux que les autres. «Plus le véhicule est récent et sophistiqué, plus il y a de contrôles et donc de risques d'être refusé», décrypte Yannick Kerloc'h, chef de centre Dekra à Lorient. «Une vieille 4L n'a pas de freins directionnels ou de direction assistée à contrôler...». Ici, le taux de contre-visites, sur une moyenne de 6.000 véhicules à l'année, avoisine les 25%. Freins, usures des pneus, rotules ou éclairage sont les points le plus souvent défaillants. Même si on constate que la prime à la casse a eu le mérite de «rajeunir le parc de véhicules. On n'a plus certaines poubelles roulantes qu'on voyait il y a quelques années».

27 mai 2012