10 février 2012
Le dossier n'était pas à l'ordre du jour mais il brûlait les lèvres de Fabrice Loher. «Il se passe quelque chose à Cap l'Orient», a attaqué d'entrée un chef de file de l'opposition à l'offensive hier soir. Le «quelque chose» avait à voir avec l'examen, quelques heures plus tôt devant le tribunal administratif de Rennes, d'un recours déposé par Jean Le Bot (opposition) contre l'adoption d'une taxe additionnelle sur les impôts des ménages. Sur fond de crise, la taxe avait été adoptée, non sans débats échevelés, en 2008. Puis appliquée dès l'année suivante. Depuis, le vent a tourné. C'est ce que pensent les élus d'opposition qui, s'appuyant hier sur les premiers éléments de conclusion du rapporteur public, parient sur l'annulation de la mesure fiscale. «Ce n'est pas rien», a appuyé Fabrice Loher qui a réclamé, sans attendre, la réunion de la commission des affaires intercommunales. Norbert Métairie, agacé, a dit qu'il ne commentait pas de contentieux en cours. «Mais je vois bien l'enjeu politicien de votre intervention. Je ne préjuge pas de la décision. Et d'ailleurs nous ne sommes pas dans la bonne enceinte», lui a répondu le maire, peu envieux de s'attarder sur le sujet. Pas Fabrice Loher qui a redit son impatience à débattre d'un dossier qui «donne raison aux propos de l'opposition». Regard courroucé du maire. Ambiance!
«Il faut débaptiser la rue Lénine!»
Preuve que l'heure était aux empoignades, la brouille a même trouvé un terrain d'expression inhabituelle lors de l'examen de la désignation de nouvelles rues. Si les nouvelles dénominations (rue de Kerverot et rue des Trois frères Busson) n'ont pas été commentées, Michel Toulminet (opposition) s'est fait grinçant: «Comment pouvez-vous encore supporter que Lorient ait une rue Lénine?». Dans le climat, un rien tendu d'hier soir, l'affaire a été à deux doigts de déraper à nouveau. Les uns convoquant les propos du ministre de l'Intérieur sur les «civilisations», les autres regrettant la tenue d'un tel débat. Fermez le ban!
7MEUR pour la nouvelle école René-Guy Cadou
Plus consensuel, le dossier des écoles annonce de profondes transformations. Les nostalgiques de l'école Pablo-Neruda vont retrouver le sourire. Maisseulement provisoirement. La petite école du quartier de Saint-Armel va revivre après avoir fermé ses portes à la dernière rentrée, faute d'effectifs suffisants (29 élèves). «La structure était fragile. C'était inéluctable», reconnaît Danièle Garnier. Depuis la rentrée 2011, tous les élèves, maternelles et primaires, y sont rassemblés. Mais provisoirement. Le groupe scolaire va être totalement réhabilité. Hiersoir, le conseil a validé le programme des travaux qui s'élèvent à 7MEUR. «Un programme ambitieux», indique l'adjointe. Afin de réaliser ces aménagements, les élèves de maternelles seront regroupés à Pablo-Neruda dès l'automne 2013. Les locaux ainsi libérés accueilleront la restauration scolaire et l'accueil périscolaire. Les 140 élèves de l'école élémentaire migreront dans des structures modulaires durant la durée des travaux. «Ce ne sera pas aisé», reconnaît l'adjointe aux affaires scolaires. Il faudra donc s'armer de patience car l'école flambant neuve, qui prévoit notamment un parvis commun à tous les élèves (maternelles et primaires) ne sera livrée qu'en fin d'année 2015.
Près de 15.000m² libérés pour de l'habitat
Cette restructuration se double, par ailleurs, d'une opération immobilière pour la ville. «On va dégager du foncier», dit l'adjointe. Près de 15.000m², dont 9.000m² sur le site de René-Guy Cadou, seront réservés à de l'habitat. La refonte de la carte scolaire ne s'arrête pas là. Le groupe Bois-Bissonnet poursuit sa transformation. Après l'élémentaire, les travaux vont bon train pour la maternelle. Dès leur achèvement (2,3MEUR), l'espace accueillera les élèves de l'école Pablo-Picasso (40) et ceux de Suzanne-Lacorre (70) dès la rentrée 2012. Lesdeux écoles fermeront aussi leurs portes. Les élèves de Bois-Bissonnet pourront aussi bénéficier très prochainement d'une salle culturelle et d'un nouvel accueil périscolaire. Les travaux arrivent à leur terme. Une nouvelle enveloppe financière a été débloquée, hier soir, pour achever les derniers travaux.