9 janvier 2012 - 1 réactions
De 112.000 visiteurs en 2008, le nombre de visiteurs est passé à 70.000 en 2011. La cité de la voile est-elle en perdition?
Thierry Fréchier: «Quand la cité a été ouverte en 2008, la fourchette de fréquentation dans les études allait de 70.000 à 140.000 visiteurs par an. En 2011, on a ouvert le sous-marin Flore. C'est un problème de vases communiquants. On a un bassin de visiteurs qui répartit ses choix en fonction de la nouveauté. Ça joue sur les ailes de saison. Hors saison, on s'adresse à une clientèle qui est à 90% de proximité. On ne perd pas de visiteurs en été, mais seulement la clientèle de proximité qui connaît déjà la Cité. 50% des visiteurs de la Cité de la voile ont acheté leurs billets au point info central de la base des sous-marins et 60% pour les visiteurs du sous-marin. Il y a maintenant sur la base des sous-marins, une billetterie commune, une offre économique globale. Plutôt que de passer son temps à se poser la question de savoir si ça marche, ou pas, regardons le curseur global.
Le curseur, actuellement sur 70.000 visiteurs annuels, peut-il remonter à 100.000?
100.000 visiteurs, ça n'est pas possible. On l'attendait pour le démarrage, c'est tout. L'objectif est de maintenir le chiffre à 70.000 visiteurs.
Cette érosion était donc attendue?
Oui, mais l'ouverture de la Flore a accéléré le processus. Tous les sites muséographiques renouvellent leur muséographie, pour attirer de nouveaux visiteurs. Chaque année, il convient de renouveler de 10% à 20% la muséographie. Le renouvellement conditionne la fréquentation. On peut traiter cela comme une donnée de base. Ou bien on se flagelle, ou bien on réfléchit.
L'érosion n'a pas été anticipée? Pourquoi ne pas avoir renouvelé la muséographie plus tôt?
Ce sont les collectivités qui investissent, qui ont leur propre rythme d'affectation budgétaire. En outre, les expositions temporaires pouvaient se substituer au renouvellement. On en a organisé trois: la première sur Éric Tabarly, la deuxième sur les voiliers volants et la troisième sur les tours du monde. La quatrième, «Dans la coulisse d'une course», est en cours de montage. On s'est rendu compte que ces expos temporaires palliaient peu à peu cette érosion. Le fléchissement des premières années n'était pas inquiétant. Il n'y avait pas d'urgence. Le fléchissement net en 2011, incite à accélérer le mouvement.
Comment et quand allez-vous renouveler l'exposition temporaire?
On y réfléchit. On a lancé un appel d'offres et confié une étude à une société connue dans le domaine de la muséographie: la société Lord Culture. Le résultat de l'étude devrait être connu fin juin.
Quel est le cahier des charges? Le montant de l'enveloppe disponible dédiée à ce renouvellement?
Lord Culture doit nous proposer un renouvellement de l'expo de 1.500m² au premier étage, phase par phase. De façon à offrir chaque année une nouveauté au client. Le coût de l'étude est de 60.000EUR. Pour le montant alloué à ce renouvellement, on ne veut rien s'interdire pour l'instant. Il n'est pas bon de brider des gens qui réfléchissent. On jugera de la pertinence de la proposition. Le coût n'est pas le seul critère.
Comment dégager un financement, alors que les résultats d'exploitation sont en baisse?
On peut se trouver d'autres financeurs. Des mécènes. On l'a déjà fait pour la première expo temporaire sur Éric Tabarly, financée par l'association Éric Tabarly, qui elle-même a trouvé des mécènes.
Et où en est l'idée d'accueillir d'avantage de séminaires?
L'étude de marché doit être validée prochainement. L'idée est de transformer la salle dédiée aux expositions temporaires en salle d'accueil, de séminaires, ou des congrès. Notre auditorium de 134places est trop petit dans certaines circonstances et il y a une vraie clientèle d'entreprises intéressées, qu'on ne peut pas accueillir actuellement faute de place.
Quel est l'objectif actuellement? Quelles sont les ambitions de la Sellor pour la Cité de la voile. Faut-il en faire un super-palais des congrès? Un établissement à vocation touristique?
Ça ne semble pas très clair.
S'il n'y avait pas la Cité de la voile, il n'y aurait pas de salon des multicoques à Lorient, ni de Volvo Race. C'est le phare rayonnant de la politique nautique de l'agglomération et on veut satisfaire cet objectif. L'exposition temporaire se terminera fin 2012. La question est de savoir ce qu'on va faire en 2013. Une étude de marché menée par la Sellor et d'autres partenaires est en cours pour quantifier le marché d'accueil de séminaires. La décision définitive sera prise dans le courant de l'année. Il n'y aura pas de compétition avec le palais des congrès. Si cela se fait, ce sera une salle très modulable. Un aménagement allégé pour des séminaires de demi-journée par exemple.
Le déficit de la Cité de la voile va-t-il pouvoir être absorbé par la collectivité?
La collectivité maintient sa subvention globale au fonctionnement des équipements gérés par la Sellor (1): 2,4MEUR en 2011. La subvention est maintenue en 2012. On affecte 1,4MEUR pour la Cité. À nous de nous débrouiller pour ne pas faire de pertes, de réduire les charges.
Où allez-vous serrer les boulons? Que pèse la fermeture de la Thalassa? Allez-vous supprimer des emplois?
La fermeture de la Thalassa permet de réaffecter des moyens. Mais ça ne bouleverse pas les équilibres globaux. Aucune suppression d'emploi n'est envisagée. Nous allons étudier des réductions de charges à la cité. On va regarder les courbes de fréquentation et voir comment on peut aménager les horaires d'ouverture pour réaliser des économies de gardiennage ou de ménage.
(1) Le sous-marin Flore, la Cité de la voile, le haras d'Hennebont, la maison de l'île Kerner, l'Odyssaum de Pont-Scorff et la tisserie de Brandérion.

27 mai 2012