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Centre maritime. Un souffle berbère

27 janvier 2012

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Il a découvert l'océan du côté d'Agadir. Depuis, Mustapha El Kettab ne l'a pas quitté. Il est à la barre du Centre Maritime de perfectionnement François-Toullec.

«Mon père a tout fait pour qu'on ait accès au savoir et pour nous sortir du nomadisme», raconte Mustapha El Kettab. Un homme hors du commun au parcours peu ordinaire... Depuis 2008, il est le responsable du site lorientais du Centre Européen de formation continue maritime (le CEFCM, communément appelé Centre maritime François-Toullec). Voilà maintenant près de 20 ans, qu'il est devenu Lorientais, lui, l'homme du désert. «J'appartiens à une famille de lettrés berbères et notre nom signifie : le porteur du livre», explique ce quadragénaire qui a quitté son désert du sud-marocain, il y a maintenant plus de 25 ans. Pour lui, «le désert, c'est comme l'océan, c'est un espace de liberté ...».

L'océan... le désert qui continue

Adolescent, il découvre l'Atlantique à Tantan (sud d'Agadir). Cette ancienne halte caravanière, devenue l'un des principaux ports de pêche marocains a constitué pour lui, «la rencontre du désert et de l'océan». «C'était le désert qui se poursuivait sous forme liquide et quand j'ai mis les pieds dans l'eau salée, j'ai été iodé pour la vie». Mais il faudra attendre le lycée à Agadir, l'embarquement sur des sardiniers et le travail dans les conserveries de poisson pour ancrer sa vocation. S'en suivent des études d'océanographie à Rabat (il est ingénieur en halieutique), un 3e cycle entamé à Montpellier qui sera finalisé à Brest. Son cursus en océanographie-biologique (option pêche-aquaculture) l'amène au centre Ifremer de Lorient... Et c'est, son entrée au Centre maritime voisin, comme formateur puis à son poste actuel. «La formation maritime est un formidable ascenseur social car certains arrivent au centre avec un niveau d'enseignement très bas et en l'espace de quelques années, on les retrouve à des postes de commandement et de responsabilité avec des rémunérations équivalentes à celles des cadres», observe Mustapha El Kettab. Sur le site lorientais, ils sont une centaine de 18 à 55 ans (dont 20% de femmes) à suivre des cours à la fois théoriques (navigation, sécurité à bord, anglais...) et en ateliers (électricité, mécanique hydraulique...) pour devenir capitaine de pêche, lieutenant, chef de quart ou encore capitaine de voile (pour les skippers professionnels)... Des formations qui vont d'une semaine à neuf mois.

  • Christine Le Moing
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