28 mai 2009
C'est un événement remarquable. Du 3 au 6 juin, l'UBS accueille un colloque international d'archéologie sous-marine. Les plus grands experts seront là. Le point avec Christophe Cérino, l'un des organisateurs.
Il en piaffe d'impatience. Comme un enfant, il vous lit avec gourmandise le programme. Il sait que, pendant trois jours, ses rencontres auront le goût de l'aventure. Lui, le prof de fac, le président de l'association du Musée sous-marin se dit «vivement le 3juin». Trois jours durant, il va accueillir les plus grands spécialistes mondiaux d'archéologie sous-marine pour un colloque international. «Un tel rendez-vous n'a pas eu lieu en France depuis plus de 30ans» prévient Christophe Cérino (*). Et même si, à la lecture du pedigree des invités, les bras vous en tombent, le maître des lieux se veut rassurant. «C'est ouvert au grand public» martèle-t-il.
Les premiers témoins
Ils feront le voyage du Canada, des États-Unis, d'Italie, de Grande-Bretagne, du Portugal, des Pays-Bas pour faire un état des lieux de la recherche dans un domaine on ne peut plus pointu, mais ô combien essentiel pourles historiens, géographes, géologues, ethnologues, sociologues. «L'archéologie sous-marine nous permet de trouver des traces de notre passé et de comprendre comment sont construits les bateaux de l'Antiquité à nos jours, mais aussi comment les marins vivaient à bord. Les archéologues sous-marins sont les premiers témoins des échanges économiques pendant l'antiquité».
Partager avec le grand public
Mais leur témoignage ne vaut que s'il est partagé. Ce qui pose invariablement la question de la médiation, de la mise en valeur de ce patrimoine auprès du public. «On doit s'interroger sur la manière de vulgariser les résultats de la recherche». Le Musée sous-marin à la BSM a très clairement misé sur la vidéo et le multimédia (lire par ailleurs).
Le pillage, un sujet tabou
Reste néanmoins un sujet encore tabou, le pillage des épaves qui peut être très lucratif pour ceux qui en font trafic. «C'est un vrai problème pour les archéologues sous-marins. Que faut-il faire: opter pour le tout répressif? Ce n'est pas possible, on ne peut pas mettre un gendarme sur tous les mètres carrés d'océan». D'autant plus que la législation n'est pas partout la même. «En France 100% des objets trouvés sous l'eau sont propriétés de l'État, et l'État se réserve le droit de donner une compensation. La législation anglo-saxonne considère qu'une partie revient au plongeur. En France, nous sommes plus stricts, mais nous avons une démarche plus pédagogique». Émerge alors un débat de fond: quelle protection juridique pour le patrimoine sous-marin? De tout cela il sera question pendant ces trois jours de colloque. Une façon d'y voir plus clair au plus profond des abysses.
(*) Le colloque est piloté par Christophe Cérino, directeur de la maison de la recherche à l'UBS, ingénieur de recherche; Michel L'Hour, conservateur général du patrimoine et directeur du Drassm; Elisabeth Veyrat, archéologue responsable des littoraux du Ponant au Drassm et Jean-Michel Le Boulanger, maître de conférences en patrimoine à l'UBS. Le Drassm: Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines.

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