2 octobre 2009
«Enjeux pour la Bretagne et le pays de Quimperlé: diagnostic et propositions». Telest le thème que va développer le géographe Jean Ollivro, ce soir, à Kerneuzec. Il nous en livre quelques clés.
Quel état des lieux dressez-vous?
Il est contrasté. Il y a un atout favorable, c'est la côte de Bretagne sud qui est la plus attractive. Quimperlé est une ville prospère qui résiste mieux que certains espaces ruraux. Elle est entre deux pôles, Quimper et Lorient. Elle est plus à l'Ouest de la Bretagne, d'où une marginalisation relative. La dynamique démographique est favorable à Vannes, Rennes et Nantes. Del'autre côté, c'est moins dynamique. Dans la Basse-Bretagne, il y a quelques pôles de résistance comme le grand Brest, mais aussi des villes qui ont plus de difficulté comme Gourin.
Quelle évolution voyez-vous?
Il faut maintenir les activités productives et ne pas faire du résidentiel à tout crin. La mono-activité suscite la ruine des activités permanentes. Il faut redécouvrir la mer, la coquille Saint-Jacques à SaintBrieuc ou la langoustine. Il existe un tropisme des rivages. Il faut redécouvrir une pêche de proximité, développer la pêche côtière. On a la preuve dans l'histoire (avec les conserveries, NDLR) de la dynamique venue de la mer. Il y a l'économie agricole. Il y a une paupérisation de l'agriculture, une vision misérabiliste. Beaucoup d'élus ne se rendent pas compte de l'importance de ce minerai (lamer, l'agriculture, NDLR) pour la Bretagne.
Avec quelle organisation àl'échelle du territoire?
Il faut maintenir la devise républicaine dans les communes. La chance de la Bretagne, c'est son tissu urbain à trois étages avec des villes de toutes les dimensions et une organisation par pays. Il y a un étage de service par pays. S'est développé à Quimperlé un pôle «serviciel » équitable (santé, éducation). Il y a une égalité d'accès. Ledeuxième étage: il faut se baser au maximum sur les ressources locales (Armor, Argoat). Le pays de Quimperlé doit puiser dans les deux. Il faut une spécialisation, une griffe. Au troisième niveau, il faut un fonds de solidarité inter-pays en cas de menaces ponctuelles sur ces pôles.
Pays ou département?
Il faut une politique efficace, se caler sur la vie des citoyens. L'histoire actuelle est complètement héritée, on a ajouté différents échelons, cela a un coût invraisemblable. Il faut garder une fonction de veille des élus et garder la commune. Mais la vie, ce sont des périmètres élargis, le pays puis la région. Lorsque je vois la mise en place d'un covoiturage à l'échelle de la région, c'est à rire. Le département n'a plus d'intérêt mais, attention, ne doit en aucun cas être supprimé le travail social qui va avec. Il faut plutôt tenter un pays intermédiaire, jusqu'à Concarneau.
Quel scénario envisagez-vous?
Il y a celui du vieillissement. Les migrations concourent à une réorganisation de la population mais c'est relatif, car les Trente glorieuses arrivent à la retraite. La base de la pyramide est fortement rétrécie. Au niveau des jeunes, il y a un exode massif: il n'y a pas de valorisation qualitative, on perd les jeunes diplômés et arrivent des jeunes sans qualification. C'est une quadrature du cercle contre laquelle il est difficile de faire face.
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