25 septembre 2009
Des producteurs de lait du Finistère, mais aussi du Morbihan et des Côtes-d'Armor, ont déversé, hier, quelque 500.000 litres de lait à Scaër lors d'un épandage massif.
Ils sont venus d'un peu partout: de Scaër, Leuhan, Trégunc, Rosporden, Tourc'h, Trégourez, Coray dans le Finistère, Guiscriff, Lanvénégen, Le Faouët dans le Morbihan et même des Côtes-d'Armor pour l'un d'eux. Ils, se sont des producteurs de lait qui, hier après-midi, se sont retrouvés à Kerbloc'h, commune de Scaër, pour une dernière action symbolique. L'épandage, sur un champ prêté par un producteur de cochons solidaire de quelque 500.000 litres de lait.
«Un prix rémunérateur»
Sur le champ, bien aligné, ont pris place 35 tracteurs. «Cela représente 350 producteurs», explique Jean-François Bourhis, producteur scaérois. «350 producteurs qui ont donné leur lait aujourd'hui». Ce qui représente près de 500.000 litres. Des producteurs dont certains sont engagés depuis deux semaines dans la grève du lait que la confédération européenne des producteurs vient d'appeler à suspendre jusqu'au 5 octobre. Mais ici, pas de syndicat. «Il n'y a que des producteurs. Petit quota, gros quota, tout le monde a donné, y'a vraiment une solidarité...ça me fait quelque chose», s'émeut l'un d'eux devant une foule de 250 personnes. Les producteurs «ne veulent pas des aides, ni des subventions, mais un prix rémunérateur».
Clément, 22 ans, est de ceux-là. Il s'est installé en Gaec (Groupement agricole d'exploitation en commun) en début d'année et ne pensait pas trouver «du dur» tout de suite. «C'est difficilement viable. Y'en a qui tirent la langue, qui doivent vendre leurs vaches et sont obligés de les louer». Pour lui, la seule issue c'est une augmentation du prix du lait. «0,35 EUR au litre pour qu'on puisse tirer un revenu». Productrice à Scaër depuis 1982, Jeannick Derrien demande un minimum de 0,30 EUR. Ce qu'elle demande avant tout c'est «le droit de vivre décemment de notre travail comme les autres». Cela passe par «une remontée des prix et leur uniformisation» et «une régularisation du marché au niveau européen».
«Ne pas mourir en silence»
Dans la foule qui s'est massée le long du champ ou derrière les tracteurs, il a aussi des prestataires, des fournisseurs. Solidaires, eux aussi. On croise l'ancien maire de Bannalec et l'actuel premier magistrat de Saint-Thurien. «On n'a jamais vu un truc pareil», lance Yvon Le Bris préoccupé autant par la situation sociale qu'environnementale. Des élus pourtant très critiqués : «La Cocopaq se mobilise pour les PDM mais on ne les voit pas beaucoup autour de nous», note Jeannick Derrien. Qui, comme ses camarades «ne veut pas mourir en silence, sans rien dire». Il fallait voir dans cet épandage lacté massif, cette envie de vivre. «J'espère que nous serons entendus».
Si on sortait aujourd'hui
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