3 novembre 2009
On a tout dit sur les adolescents, sauf qu'on les prend peu en photo. Christian Scaviner leur propose de pousser la porte de son studio. Interview.
Pourquoi photographier des adolescents?
Ils donnent des signes très forts. Ils sont très photogéniques. Ils ne viendront pas forcément d'eux-mêmes se faire photographier - quoique - pour des questions d'argent ou parce qu'ils sont sur d'autres trucs... Mais globalement, on ne s'intéresse pas beaucoup à eux, dans le monde de l'audiovisuel. On fait beaucoup sur les enfants, les anciens mais on voit assez peu de photos d'ados. Moi qui aime le cinéma, je sais que des gens ont fait de bons films, comme Gus Van Sant avec «Eléphant» et «Paranoid Park», Larry Clark avec «Wassup Rockers». Ou alors la série «Skin» sur Canal+, réalisée par un père avec son fils. Bon, je m'y intéresse aussi parce que j'ai un fils de 16 ans, 14 quand j'ai commencé cette série. Ils sont débordants d'énergie, ils ont une force! Ils méritent vraiment qu'on s'y intéresse...
Comment se passent les séances?
Concrètement, cela dure 20 mn, rue Savary. Avant de venir, je demande de remplir un questionnaire, avec les goûts musicaux, de films, de sports, de couleurs, de livres... Ils me renseignent aussi sur leur look, celui qu'ils veulent adopter pour la photo ou le leur au quotidien. Ce peut être très classique, d'ailleurs. Ils me disent aussi la tenue envisagée et les éventuels accessoires. Guitare, planche... Il faut l'autorisation parentale. Ils repartent avec un tirage de 20cm sur 30. Question contact, il y a un très bon feeling avec eux. Je suis à l'aise et ils le sentent. J'ai choisi de faire cela. Au départ, je les guide et ensuite, c'est eux qui le font. Ils ont d'ailleurs choisi leur look. Il n'est jamais anodin. Qu'il soit provocateur ou pas, il marque l'appartenance à une tribu. Ensuite, il faut que ça reste un jeu, une partie de plaisir. On pousse beaucoup plus facilement la porte d'un coiffeur que celle d'un portraitiste. Pourtant, La démarche est la même: dans les deux cas, on y va pour donner une image de soi, une façon d'être représenté. Ils apprennent des choses sur eux, d'ailleurs!
Et vous?
Cela me ramène un peu à mon adolescence. Et en tant que professionnel, cela rajeunit ma photo. Je ne me mets plus de barrière dans les cadrages pour les mariages, par exemple. D'ailleurs, les mariés sont souvent jeunes. La photo, y compris de mariage, a évolué.
Vous mettez en fond des graff...
Oui, dans toutes les villes où je passe, j'en photographie. Les modèles posent sur un fond neutre et j'ajoute ensuite un graff. C'est un moyen d'expression nouveau, jeune, populaire... J'en trouve un qui correspond à leur look, leurs centres d'intérêt, leur accessoire...
Les clichés en vitrine de l'office de tourisme sont l'avant-goût d'une exposition?
Oui, une quarantaine de photos représentatives seront exposées à la médiathèque de Quimperlé en juin2011. C'est un lieu que les ados fréquentent. Il y a une logique à cela. Pratique Expo en vitrine de l'office de tourisme, «Adoland Photo'graff», jusqu'au 15novembre. Christian Scaviner, 02.98.35.02.02. Internet: www.scaviner-photo.com
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