18 septembre 2009
Les syndicats CFDT, CGT et FO des Papeteries de Mauduit ont refusé, hier, de reprendre les négociations. Ilsréclament la mise en place d'un dispositif de préretraite.
Une semaine après l'annonce par la direction des Papeteries de Mauduit de supprimer 106emplois, les négociations ouvertes avec les syndicats sont dans l'impasse. Hier, après deux jours de discussions qualifiées d'«infructueuses», les syndicats CFDT, CGT et FO ont décidé de ne pas prendre part aux discussions sur les modalités d'application du plan social.
Un dispositif de préretraite
«Dans le cadre de la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC), l'ouverture tardive des discussions et des avancées sociales insuffisantes n'ont pas permis d'aboutir à un compromis lors de la réunion du 16septembre, dernière séance de discussions avant l'ouverture des débats sur les livresI etII», soulignent les syndicats. Pour mémoire, le livreII qui constitue la justification économique du plan social devait être présenté hier matin et être suivi, dans l'après-midi, du livreI correspondant au volet social du même plan. Les représentants du personnel estiment «qu'un dispositif de départ anticipé d'activité dans le cadre de la GPEC, aurait permis d'éviter la mise en oeuvre d'un nouveau plan de licenciements». Lequel prévoit la suppression de 114 emplois sur les 714, à savoir 47ouvriers, 25employés, 28techniciens et agents de maîtrise et quatorzecadres. «Notre détermination est de finaliser un dispositif de préretraite prévu dans les dispositions de la GPEC avant d'ouvrir les débats sur les projets de réorganisation et de Plan de sauvegarde de l'emploi», poursuivent les syndicats. Qui, par écrit, ont confirmé et mis en application ce qu'il avait dit la veille à la direction: ne pas prendre part aux discussions. Les syndicats rencontrent lundi après-midi Nicolas Morvan, président de la communauté de communes du pays de Quimperlé.
«Les cadres décapités»
Dans le Vaucluse, les papeteries de Malaucène connaîtront lundi les modalités de reprise de l'entreprise, propriété du groupe Schweitzer-Mauduit. Trois repreneurs seraient sur les rangs, dont Biosyntec (Le Télégramme de mercredi), le seul à s'être fait connaître pour le moment. Du côté du Vaucluse, le dossier quimperlois est suivi avec attention. Contacté hier, Thierry Georges, de l'Union locale CGT Vaison-Malaucène, s'est dit «pas surpris, surpris» par l'annonce des suppressions de postes à Kerisole. «On sentait bien le truc venir au niveau du groupe», explique-t-il. «Mais à ce chiffre-là!» «Quand on parle de licenciements boursiers, on y est», souligne-t-il en évoquant un «recentrage de l'activité» et des «économies d'échelles» car «à aucun moment ils ne sont pas compétitifs». Pour le syndicaliste, «il existe de grosse inquiétude y compris à Saint-Girons (autre usine du groupe avec LeMans, NDLR)». Un syndicaliste qui s'interroge également sur la répartition des postes supprimés. «Les ouvriers, c'est un choix, mais on a décapité les cadres, c'est énorme».
Contactée hier, la direction des Papeteries de Mauduit n'a pas souhaité réagir à la décision des syndicats de rompre les négociations.
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