25 avril 2009
Le projet de fermeture des Papeteries de Malaucène, de Saint-Girons dans le Vaucluse (Le Télégramme du 18avril), a été présenté, hier matin, aux 211 salariés de l'entreprise lors d'un comité d'établissement extraordinaire. L'intersyndicale CGT a appelé les salariés de l'ensemble des sites français du groupe Schweitzer-Mauduit à débrayer pour témoigner leur solidarité.
20 Quimperlois travaillent pour Malaucène
Sur le site quimperlois, le mouvement a été particulièrement bien suivi. Dès 9h et pendant quatre heures (pour les employés) ou cinq heures (en production), ce sont 95% des salariés qui ont cessé le travail. Si la participation était attendue aussi massive du côté de la production, le fait que les employés aient répondu aussi fortement témoigne, selon les représentants CGT, d'une dégradation du climat social. La fermeture du site de Malaucène ne serait d'ailleurs pas sans conséquence sur l'emploi à Quimperlé. «Une vingtaine de personnes travaillent à 100% pour Malaucène», expliquent-ils. Dans des secteurs variés qui vont de la comptabilité à la logistique en passant par le traitement des commandes. L'incertitude plane quant à leur avenir. «La direction découvre. Ils ne savent pas». Au delà, cette fermeture interpelle les syndicalistes en matière de production. «L'usine appartient à 100% au groupe Mauduit. S'il y a fermeture, nous ne serons plus capables de répondre que sur le papier à cigarette». C'est selon eux une porte qui s'ouvre à la concurrence. «On risque de perdre des clients»
Des actions ponctuelles d'ici l'automne
Déjà durement touchées en 2006 par un plan social (il ne reste plus que 720 salariés), les Papeteries de Mauduit pourraient connaître un automne difficile. Les délégués CGT craignent un second plan social. En lien tout d'abord avec la mise en place d'un nouveau système de traitement informatisé des commandes. Connu sous le vocable de Synergi@, ce projet, dont l'investissement est selon les syndicalistes de l'ordre de 16MEUR, «va concerner une partie des employés». Le nombre d'une centaine est avancé même si, reconnaissent-ils, «on ne le maîtrise pas». Le système «prévu pour janvier» va se mettre en place en mai mais ne sera pas opérationnel avant septembre. Quant à la nouvelle réglementation sur le papier cigarette innovant (Lip), elle risque de ne laisser aux Quimperlois que la fabrication. «Nous n'avons aucune réponse quant aux outils d'impression.» Ils craignent du coup, que faute de pouvoir assurer la transformation, celle-ci soit délocalisée vers la Belgique voire Rouen. «Depuis 2006, les choix patronaux s'avèrent catastrophiques. On va dans le mur». L'automne risque d'être chaud du côté des PDM. D'ici là, des actions ponctuelles, «très pénalisantes pour le traitement des commandes», ne sont pas à exclure.